Qroquis la faute c est expres
Posté le 21.08.2007 par peru06
On attend le bus à côté de la petite église fermée, au milieu de ce petit village déserté par ses habitants partis aux champs. Sauf quelques retardataires; deux gamins attendent leurs mères chargeant leurs sacs et herbes sur l'âne. Deux vieux discutent.
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Posté le 21.08.2007 par peru06
Dans un village plus grand (attention, pas moins de 800 ou 900 âmes...!), on attende de nouveau un autre bus. L'ambiance est différente; d'abord, une femme seule balaye la rue terreuse. Une autre, assise sur un bord de porte, tisse des paniers puis mange sa cuisse de poulet devant un chien envieux. Après le débit s'intensifie; des gens passent tantôt avec un ballon de foot, un sac de pain. Un bus arrive, le chauffeur avec sa casquette et sa planchette fait monter tout le monde en vitesse, dedans comme sur le toit. Le second type a un regard bleu et perçant qui me fascine. Un regard si dou dans un corps de brute...
Posté le 21.08.2007 par peru06
Pour changer, on attend un bus... Comme les autres, qui attendent devant la petite boutique du village. les enfants nous posent des questions en nous prenant pour des américains... très flatteur!
Posté le 23.08.2007 par peru06
On quitte la rue qui s'anime dans le combi brinquebalant, s'élançant difficilement sur les caillasses.
D'un mur éboulé où jouent des enfants se dresse la fumée lascive d'une marmite du petit-déjeuner... drôle de décor pour un petit-déjeuner familial!
Mais c'est plus convivial que cette fillette seule qui nous regarde partir pendant longtemps, une sucette tenue par les deux mains, les bras rentrés dans son jogging de coton à cause du froid, les cheveux sales et emmêlés tirés par le vent. Qui sait ce qu'elle pense?
Posté le 23.08.2007 par peru06
Le soir de notre arrivée, on a droit à une soirée typique avec de la musique huayno jouée par trois types, des habits traditionnels dont on nous vêtit, du vin de la vallée qu'on nous sert chaud, et on danse de manière traditionnelle.
Je suis très mal à l'aise qu'on serve de poupées étranges et qu'on soit assimilés à des fêtards avides de folklore exotique. À part le vin et la danse qui se résume à piétiner d'avant en arrière (au bout d'un moment, ça défoule), tout ça me passe au-dessus.
Je préfère de loin ce petit dîner dans la cuisine familiale, c'est à dire une cour de bric et de brac avec des hamsters couinant et se faufilant entre les jambes, de la viande qui sèche à côté du linge et les trois générations recueillis sur leurs peaux de moutons autour de la marmite sur son feu.
Posté le 23.08.2007 par peru06
Notre première logeuse, Griselda. Timide et ambigue au début mais très affectueuse et gentille par la suite.
Et puis le mari ou le cousin ou je-ne-sais-plus-qui relié à Gaida, celle qui tient la petite boutique du village ayant le téléphone et un ordinateur marchant à l'électricité solaire (!).
Posté le 23.08.2007 par peru06
En haut, la 2° rue principale descendant de la place centrale vers les champs de taureaux et la boutique de Gaida.
En bas à gauche, le fond de la place centrale côtoyant la municipalidad désertée, en bas à droite.
Posté le 23.08.2007 par peru06
Bon, le titre fait bucolique mais on va pas aux champs pour conter fleurette ici, non mais dame!
À part les enfants courant sur la piste pour rejoindre le lieu de travail, on croise une femme édentée et sans âge, ne parlant que qechua, filant sa laine de lama (et c'est vatche dur! On a cassé le fil deux fois et on a abandonné pour pas la ruiner!).
Puis on va aux champs de patates où des groupes de 5 labourent pour semer; 4 enfoncent leurs barres à mine sous une motte de terre que le 5° ramasse. Un chef donne les ordres. Une femme sert de grandes rasades d'alcool (une chicha immonde ou un alcool de canne qui réchauffe dans des gobelets de plastique noirci). D'autres ramassent des herbes, emmènent les graines.
La sueur, ça rend moins bucolique, c'est un autre styme.
Posté le 23.08.2007 par peru06
Cactus fleuris, plantes à cordes, "molle", plante-médicament, araignée géante... La descente est riche en botanique. Riche en fatigue aussi, car on savoure nos fauteuils en bouts de bambou dans la cahute de de pierre où sèche le maïs et où reposent les bidons d'essence pleins d'eau bouillie.
Posté le 23.08.2007 par peru06
En haut, notre chambre (ou dépotoir, c'est pareil).
En bas, la vue en direct depuis les toilettes (où les maisons de pierre abandonnées ce mois-ci, c'est pareil).
Alors que les premières lueurs du soleil dardent derrière les montagnes, les paysans et leurs enfants s'en vont bosser avec leurs ânes derrière, portant les charges. Deux enfants viennent me voir alors que je dessine. Ils s'approchent timidement et entament la conversation depuis le mur d'en face, dissimulés. On discute de contes, de quotidien, tout ça cachés derrière le mur! C'est très touchant et privilégié comme instant. Du luxe, que je dis!