La cote sud du Perou en presque solitaire et arrivee en France
Posté le 14.08.2007 par peru06
J'ai mal au ventre, je ne vais même pas chercher mon petit-dèj au coin de la rue. Les même spots repassent sans arrêt à la télé.
Quand je vais appeler les numéros d'urgence de l'agence de voyage (pour la confirmation de vol), ça ne marche pas! Heureusement que j'ai pas eu de problème sérieux! Puis pour me consoler, je vais acheter à manger à un ambulante où sont deux flics. Le seul sandwich est à la gelée et à la viande, dégueulissime, et le gâteau est aussi très bizarre. J'attends alors Ludwig, qui doit arriver vers 9h en face de la municipalidad. J'achète des Cds, je dessine le petit cireur de chaussures qui fait sa tournée des bancs, sa cale en bois sur le dos. Il y a la valse de ces camions-forteresse transportant de l'argent, plein de banques toujours fermées avec toujours une grande queue devant.
Puis un étudiant vendeur de chocolat vient me parler de la laguna de Moron (il voudrait y ouvrir une agence pour anticiper les revenus touristiques), de l'avenir, des études… Des gens viennent alors autour de nous et écoutent, ils devaient avoir été intrigués par la présence d'une touriste sur cette place sans occidentaux.
Ludwig arrive et on va en combi à Tambo Colorado. Grande cité inca, magique et désert alors que ce sont les ruines les mieux conservées paraît-il. C'est un centre religieux et administratif contrôlant les conquêtes incas sur le chemin de Chincha à Huancavelica.
Il y a une place centrale non loin de l'autel de sacrifice, les quartiers du personnel qui s'étalent en contre-bas (où on trouve des bouts de poterie inca!), un 3° type de construction pour les habitations de la noblesse. Montant vers la montagne (inclinaison de 12°C), une grande allée majestueuse mène au palais inca, véritable labyrinthe de fenêtres rouges et jaunes (peinture conservée!), de plusieurs chambres, fontaines et bains intérieurs…
Il paraît que des gens allumés mettent la tête dans une fenêtre spéciale du palais pendant une heure pour communiquer avec l'Inca!
Après le palais, on arrive aux ruines Chinca, beaucoup plus vieilles que celles incas. Puis, quand le garde ne nous surveille plus, on continue le chemin de garde inca pour arriver à un pont (qu'on ne trouvera jamais). Mais sur la route escarpée en flanc de montagne, on croise plein de charniers à ciel ouvert, des tombeaux dévastés pour en piller les restes avec encore des bouts de mâchoire et de tibia, des cages thoraciques et des crânes abîmés.
Mais en montant un sommet de caillasses pour avoir une vue d'ensemble (et découvrir le pont, normalement), on découvre plein de bouts de poteries incas peintes! On en récupère plein, des encolures, des graphismes… C'est magique, on en découvre sans cesse de plus belles en foulant la terre et les charniers. Et on est là, assis sur les caillasses à détailler des terres cuites dans le soleil couchant et le vent siffleur. Quand on veut trier nos dizaines de bout, on en jette trois et en fait on les reprend après!
Quand on se décide à descendre, c'est très tendu! On n'avait pas calculé que c'était aussi pentu, et en plus on veut prendre un raccourci pour pouvoir rechoper un combi avant la nuit. Petit à petit, alors qu'on glisse et s'accroche aux roches coupantes, Ludwig fait glisser quelques roches s'écrasant sur la route, et quand j'arrive en bas mes mains sont déchiquetées! On arrive en courant avec tous nos bouts de vase dans le sac. Le gardien marche à grands pas vers nous et on prend peur! En fait, il nous crie de nous dépêcher car le dernier combi nous atend, bondé.
Pour se remettre de cette riche journée sans déjeuner, on mange un bon Hamburger-frites et des bananes; je surestime mon estomac!
Ensuite on rentre dans nos chambres pour se reposer et laver nos poteries, et je reste scotchée devant Tom et Jerry à la télé! Ca me rappelle quand on regardait Ca cartoon le dimanche soir!
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Posté le 14.08.2007 par peru06
Je n'arrive pas à dormir pendant la nuit, si fait que je m'abaisse à regarder la Momie faute de mieux vers 4h du matin, … et c'est vraiment trop trop nul! Je pensais pas à ce point!
Je petit-déjeune de pain et de caramels cherchés au bout de la rue, et je discute avec cet ambulante de chaque matin ainsi que son client, un autre prof d'histoire, noir, qui connaît le 1° m'ayant adressé la parole l'avant-veille. Celui de ce matin travaille à la Municipalidad, mais à 40 ans il n'est jamais sorti à plus d'une demi-heure d'ici!
Puis je vais sur internet et ouf! KLM a répondu, mon retour est confirmé! Il faudrait que je puisse avertir Anna pour qu'elle le fasse aussi, je l'imagine bien coincée à l'aéroport tiens… En attendant Ludwig, je me balade un peu dans les rues aux maisons colorées, et je fais une petite rencontre sympathique; un cadavre, immobile, raide et jaunâtre. Il a la main encore crispée en l'air et la tête sur le trottoir, les yeux grands ouverts. Oups, pardon monsieur, je passe à côté !
Puis Ludwig arrive et on va voir le guide qui m'avait conseillée cette laguna de Moron. Il nous emmène dare-dare sur le marché, et en passant entre les cadavres de poulets et les sacs de graine, on arrive jusqu'à une rue pleine de plumes et fruits pourris où attendent tous les transports des locaux venant vendre leurs denrées; divers combis et colectivos, taxis pour plusieurs. On monte donc à 12 adultes dans une voiture où 5 personnes seraient serrées. On brinquebale comme ça jusqu'à un village reculé plein de chèvres. Tous descendent. On reste comme des cons, et ça doit se voir; le chauffard (euh, feur, chauffeur), nous propose de nous avancer dans le désert pour le double du prix de la course. On ne sait pas si c'est loin et sous ce soleil brûlant, on ne voudrait pas fondre avant d'atteindre l'oasis. On fait baisser le prix avant et on accepte. Encore une manière de se faire avoir! Après 5 mn de route sur une piste droite et tracée, il s'arrête. On se dit, il a envie de pisser ou un truc. Non. Non seulement il ne s'excuse pas de s'arrêter, mais il nous réclame ses sous! On gueule, lui reproche qu'il a caché que c'était si court, que c'est ridicule… Il répond, tout penaud, que c'est du sable par terre donc que c'est pas bon pour la voiture… Du sable! On aura tout entendu! Je refuse de payer, mais Ludwig veut donner la moitié de ce que ce con demande. Je partagerai donc avec lui plus tard, ça se fait pas. Surtout qu'en soit, c'est sur le principe de se faire avoir qu'on se fâche, car ce ne sont que 8 soles. À deux, ça fait 1 euro chacun!
Ensuite, on s'enfonce dans des marais à découverts, étant obligés de faire des détours, de sauter par-dessus des flaques voire d'y plonger les pieds (malgré toutes les bébêtes qui doivent croupir là-dedans, mais on est bien obligés!).
Puis on s'enfonce dans le désert, infini et brûlant. Quand on croise des ossements perdus dans le sable et qu'on grimpe une dune, assommé par la chaleur, espérant voir quelque ondée d'eau fraîche dans l'air qui tremble, … on se croirait dans Blueberry! Ou un sergia Leone!
Enfin, c'est en s'avançant plus dans ces éternelles buttes de sable qu'on finit par atteindre un long lac vierge bordé de palmiers et de roseaux… Cet oasis insolite est aussi tranquille qu'impressionnant, même si Ludwig le trouve un peu ringard face à celui de Huacachina. Plantés dans le sable, des casiers de pêcheurs reliés par des haillons formant une corde. De loin, on voit un gamin à cheval qui fuit du lac sur l'autre rive, tel un fantôme. On s'arrête à l'ombre d'un arbre, mais on se pose sur une fourmilière! Dans les branches volètent de petits oiseaux rouge pétants, ou d'autres blancs et noirs, plus gracieux, qui pépient.
Puis on revient par l'autre rive, se rafraîchissant dans le ruisseau qui découle de l'oasis.
On marche le long de la piste qu'avait prise le taxi, c'est à dire une allée transformée en déchetterie parsemée de restes d'un cadavre de chien à demi-brûlé et décomposé. Très sympathique.
Dans le village, on attend le départ du combi (c'est dans une demi-heure toutes les demi-heures, idée très péruvienne). On va s'acheter plusieurs bouteilles de coca dans une petite boutique où on nous regarde comme des extra-terrestres. On a l'impression que c'est la première fois qu'ils voient des touristes seuls ici! Enfin j'espère, parce que si c'est parce que j'ai de la salade sur les dents… Enfin peut-être pas, car des types me sifflent puis se cachent, à plusieurs reprises. Des gamins saoûlants, quoi, comme partout.
De retour à Pisco, je reprends mes affaires (et la femme de l'hôtel me prend un supplément pour avoir laissé mes bagages dans la chambre… grrr! Pas bien, comme adieu!). Et quand j'achète mon billet, la vendeuse de chocolats typiques qui rôde sur la place tout le temps me dit "Sinorita, vous allez partir et ça fait 3 jours que je vous propose des chocolats! Au moins pour le souvenir, achetez-m'en un, je vous offre l'autre!". J'obtempère, de bonne guerre. En plus, c'est bon!
Puis on prend le bus de 17h30 pour Lima. Finalement Ludwig vient avec moi; c'est trop juste en temps pour revoir un ami et il n'a plus de sous pour loger à l'hôtel alors que j'ai un contact d'hospitalityclub.
Dans le bus, il y a un film catastrophe américain sur des industries pharmaceutiques manipulant des islamistes pour répandre un virus mortel dont eux seuls auraient l'antidote. Mouais.
On téléphone à Percy et Emiko d'Hospitality une fois arrivés au terminal de Lima. Ils sont très surpris, mais ils viennent nous chercher en voiture pendant qu'on regarde des clips devant une pâtisserie.
Ils nous croient plus vieux, à notre âge ça flatte encore!
Ils nous font goûter un citron sucré spécial de Lima dans leur petite cuisine, nous assurent que la femme de ménage, qui est très "mama", prendra soin de nous demain quand tout le monde travaillera. La mère, prof, et la sœur sont sympas. Leur nom et leur peau sont dues au grand-père japonais, une sorte de dieu qui a pourtant laissé tomber tout le monde apparemment...
Le petit roquet de chien aux yeux globuleux mange crues des grenades, pêches et clémentines!
Je dors dans le lit, Ludwig insiste pour se contenter du sac de couchage sur le parquet. On va pas insister!
Posté le 15.08.2007 par peru06
Je rêve de poursuite jusqu'au bout du monde; je suis cachée dans la campagne car promise à un Roi que je ne veux pas épouser, mais ils me retrouvent même déguisée. Puis avec un groupe de personnes dont une amie de mes études (Lisa), on veut transporter des peintures pour s'évader, on discute d'une fête simulée au téléphone (comme dans le film Bandidas, qu'il y avait dans le bus de Lima). En fait je ne rêve plus vraiment de la France, mais je pense à ce que j'ai à y construire, la conception du futur revient; le départ est déjà demain! J'ai pas envie de partir. Mais en fait, ça ne me semble pas si dramatique. Je ne sais pas.
Tous sont partis bosser, seule reste la femme de ménage qui chante toute seule dans la maison et nous prépare un pti-déj! Dans les toilettes, j'ai la mauvaise surprise de tomber sur un journal récent avec à la Une les attentats à l'explosif liquide dans Londres. Car l'article suivant traite du renforcement de la sécurité dans les aéroports européens, tout particulièrement sur l'arrivée de vols transatlantiques! Youkii!
On est de grosses loques. À 11h30, on va faire un tour acheter de l'artisanat et des cadeaux, et on mange un cebiche (plat typique de poisson et crustacés crus marinés dans du piment et du jus de citron)…. Qui m'ARRACHE LA GUEULE mais quelque chose d'énorme! En feu! Je peux plus en manger une seule miette, je pleure, je suis rouge!
Après tant d'émotions, on se ballade dans le quartier sécurisé de Miraflores, où nombre de gardes privés circulent, où on voit pour la première fois quelques femmes au volant, moins de klaxon intempestif. C'est plus propre et occidental.
À 15h30 on va voir les ruines de Huaca Pucllana, tout gris et en restauration, semblant factice comme beaucoup d'autres ruines.
Puis on rentre à la maison. Le petit ami d'Emiko est vraiment laid et odieux, gros richou prétentieux. On va voir Percy, qui serait malade à cause du cholestérol. On discute et il nous dit combien les argentins sont moqués en Amérique du Sud (arrogants car plus riches, modèle télévisuel et économique jusqu'à la crise), comme les arequipenos au Pérou (qui réclamaient une République indépendante). Intéressant, yo no le sabia.
On se couche avec un nœud au ventre en pensant à demain.
Posté le 15.08.2007 par peru06
On a un pti-déj avec de l'avocat et pain-beurre, c'est trop bon! Mis à part ça, on ne fait rien de la matinée avant d'aller à l'aéroport, si ce n'est regarder un film avec Harisson Ford, écroulés par terre comme des larves.
Puis on visite quand même un parc sympa, le "parc de l'amitié" hispano-péruvienne (devant lequel patrouillent des gardes privés!). Il y a une arche offerte par le roi d'Espagne en 1924 pour l'anniversaire de l'indépendance péruvienne, détruite en 1939 (accès de colère anti-occidentale), et reconstruite en 2001. Il y a encore un centre culturel avec des livres consultables gratuitement (dont un très beau sur les légendes d'ici), un petit train rénové, des jeux pour enfant, de la musique.
Quand on sort dans la ville, on remarque plein de cabinets dentaires qui semblent fonctionner comme des instituts de beauté! Autre truc incongru, on voit le poster d'un père noël péruvien avec son gros costume et les enfants péruviens avec leur chocolat chaud. Ce qu'oublie de préciser le poster, c'est qu'au Pérou il fait 35°C à Noël!!
Puis on revient prendre nos affaires vers 16h à la maison, et ce sont les adieux avec la femme de ménage, et même avec la voisine de la fenêtre qui nous fait un "pssst" de la fenêtre! On ne l'a jamais vue, mais elle a du nous épier depuis le début!
En taxi (on a de trop gros sacs pour aller à l'aéroport en combi), on se fait aborder par les vendeurs aux feux rouges. On croise un hôpital militaire glauque ainsi que de beaux bâtiments coloniaux… à louer! J'aurais pas pensé à cette utilisation!
À 17h30 on est à l'aéroport où rodent les chiens errants. En allant prendre mon billet, je discute avec un péruvien et sa petite-fille américaine, une vraie peste pourrie gâtée. Ca frappe encore plus quand on est dans un pays comme ça.
Puis Ludwig et moi discutons avec un breton qui a tout lâché après un bac S et 6 mois d'école d'hôtellerie pour aller au Pérou avec toutes ses économies. Tout ça en prévenant ses parents 2 jours avant le départ! Il a monté un bar/crêperie/hôtel à 15 dollars la chambre (c'est E-NORME pour le pays!) dans le nord, sur ce qu'il appelle l'"ibiza péruvienne", et ça marche du tonnerre avec son associé argentin! (il s'est fâché avec son autre associé et dit que c'est parce qu'il était péruvien…). Maintenant, ça fait trois jours qu'il campe (dangereusement) près de l'aéroport, en short tee-shirt et tongs. Il attend de choper une place dégriffée pour cause de désistement dans un avion qui irait vers Amsterdam, et de là, il voudrait aller en Bretagne… en stop! Pour financer un toit de temps en temps, il a juste son vieux sac à dos de toile usée rempli de babioles à vendre, qu'il a faites (chapeaux en fibre de coco…) ou que des copains lui ont passées (colliers, bijoux…). Et il a 19 ans! Y a de ces mecs en voyage, même Anna fait petite fille sage à côté de cet aventurier!
Quand on passe dans le terminal, le breton ne peut plus passer; il n'y a pas de d'annulation de billet. Ludwig et moi allons fumer une clope dans le bar où tout est exactement 10 fois plus cher (eau minérale à10 soles, poulet frites à 40s… !) On a négocié pour ne rien consommer, mais ce fut rude! Dans les boutiques suivantes, je prends nougat et toblerone comme dîner, je prends aussi une bague certifiée de bonne qualité qui se cassera toute seule dans l'avion. Je lis un peu le journal, notamment un article sur l'assassinat de deux journalistes péruviens.
Puis l'embarquement commence. Adieux sans fanfare avec Ludwig, c'était un bout de chemin commun bien agréable mais sans suite. Il ne répondra que brièvement à mon mail trois mois après, puis plus rien. Pas grave, "vis ta vie" comme dirait ma collègue de travail.
On rentre donc dans l'avion, et passer ce cap me fait réaliser que ce retour ne me fait pas peur. On s'installe comme il y a maintenant deux mois sauf que là, la voix de l'hôtesse expliquant calmement comment essayer de sauver sa vie dans un avion en flammes m'évoque un peu une péripatéticienne en plein travail! Autre chose qui change d'il y a deux mois, c'est que ma lingette chaude, distribuée avant le repas, devient aussitôt noire!
Mon voisin de 15 ans, qui espérait que je lui donne plus que son âge alors que c'était l'inverse, est comme un animal qui renifle tout, touche à tout comme si il avait perdu quelque chose. Mais en plus il est prétentieux! Comme il va faire des études à l'étranger, il se prend pour quelqu'un d'important. Il est saoûlant et peu compréhensible, et je lui fais comprendre en me tournant et en me collant les écouteurs aux oreilles.
Que c'est bon de la musique classique! (concerto de Bach pour violon et haut-bois, violoniste Hylary Hahn). Ce morceau de piano est génial. Et le jazz, mon dieu ce jazz (euh non, je ne crois pas en dieu) est sublime à écouter (Till Bröner, Four Play, Sergio Mendes, Stevie Wonder). La musique alternative n'est pas mal non plus (primal scream, the youg knives, razorlight).
Puis à 23h il y a une pub pour notre escale, Bonaire. Ensuite, ça repart sur les statistiques de notre vol, et je me rends compte que pour faire 500 km, il faut 40mn en avion, contre 40h en camion-citerne sur la plus mauvaise route du Pérou! Puis il y a vidéo-gag, des films (X-men, moins nul que prévu, et 16 Blocks joué par Bruce Willis très en forme!), puis mister bean (il ressemble vraiment à mon petit cousin, et ce n'est pas flatteur!). Je n'arrive pas à dormir(faut dire qu'il fait encore 32°C à 1h du mat' et que mes jambes me font mal) ; je suis donc réduite à regarder ça pour m'occuper… Et je suis surprise de constater que je ne comprends plus le doublage anglais; il me faut celui espagnol!! Ca devient grave, docteur, il faut que je puisse parler anglais quand même!
Posté le 15.08.2007 par peru06
D'après les regards autour du siège, je crois que mon journal intrigue. Sans doute autant pour sa crasse que pour le fait que j'y écrive ou dessine (des motifs incas notamment). Enfin, ce n'est pas le cas du regard de mon voisin, lui il me fixe bizarrement et m'agace au plus haut point, poing que je rêve de lui foutre dans la gueule d'ailleurs. Calme. Mais c'est dur. On a un 2° dîner (ça ne m'empêche pas de bouffer les restes de l'autre voisin!) dont la boîte est ornée d'un sudoku. Youkii, une occupation! Sauf que mon voisin (qui, pour continuer à se faire aimer, attend de voir ce que je prends à bouffer pour dire la même chose… grrr), se couche littéralement sur mon épaule pour essayer de lire ce que je mets. Je n'attends qu'une remarque pour l'envoyer bouler! Mais à force de me tourner dans l'autre sens et de pencher mon carton, il se lasse. Quand même!!
Les hôtesses ne parlent ni espagnol, ni français! Mais ma surprise cède bien vite la place à la satisfaction d'une vue panoramique trois étoiles quand un joli jeune type galonné remplace l'hôtesse et se penche pour ramasser un sac...!
On arrive à l'aéroport d'Amsterdam et les gens applaudissent à l'atterrissage. Ca doit être rassurant, ça?? Qu'est-ce qu'on est censés faire si c'est pas bon, on claque des os?
À la sortie, il est 17h et il fait aussi gris qu'à Lima. Je n'ai aucune patience! Tant qu'à revenir, je voudrais déjà être en France! Mais d'autres péripéties m'attendent…
Déjà il y a le stress de ne pas trouver mon chemin dans les terminaux de cet aéroport. Bon, ça va. Par contre, quand j'arrive à la douane ils me posent des questions pourries pendant une demi-heure ("vous étiez seule à Lima? Pour quoi faire? Combien de temps? Etc, etc). Mais je n'arrive même plus à répondre en anglais!! Je demande "se puede hablar espanol por favor? No? No." Vue la queue qu'il y a derrière, elle finit par me lâcher à contre-cœur.
Et alors après, au moment de passer sous le portique pour la salle d'attente de mon dernier avion, c'est carrément la fouille! Je passe une fois et ça ne bipe pas, mais la femme en uniforme me dit quand même de me mettre sur le côté. Il faut dire que j'ai pris les fringues propres qu'il me restait, mais elles font un peu "fumeuse de pet", comme dira mon père! Alors en plus en repartant d'Amsterdam, on imagine facilement le scénario d'une baba-cool revenant avec ses stocks de cannabis. Et elle doit y croire dur comme fer, à ce scénario. Elle me somme (gentiment, il faut l'admettre, mais je n'ai pas plus le choix!) d'enlever mes chaussures et mes chaussettes pour les passer aux rayons x aussi. Pendant ce temps, elle me fouille de haut en bas, insistant sur la ceinture, l'écharpe, les bracelets, les cheveux, les sous-vêtements (un peu gênant, surtout devant tout le monde)… et alors quand elle sent dans mon soutif un élément étranger comme un sachet de stupéfiant, j'ai vraiment peur qu'elle me dise de passer dans la pièce à côté et de m'y retrouver à quatre pattes! Mais elle voit que ce ne sont que mes gros billets (planque à liquide imparable pour les amatrices).
Enfin je finis par passer, même si j'ai honte car je pense que, même en m'étant lavée hier, je dois pas sentir la rose. D'ailleurs je fais vraiment très pouilleuse au milieu de ces français en costard qui font Amsterdam-Paris (même si il y a aussi des ploucs en costume qui puent la vinasse!).
Puis on embarque. Avant de partir, on assiste au décollage d'un avion qui part en face de nous, et au fond de moi j'appelle ma maman. C'est impressionnant, on a l'impression qu'il nous fonce dessus!
Sur ce petit vol, les hôtesses sont moins belles, forcément, il y a moins d'espace et de bouffe (un sandwich et un café avec du sucre fin, chimique et dégueulasse). Mon voisin australien, qui va traverser la méditerranée en bateau à voile (après avoir traversé l'Atlantique) essaie de communiquer avec moi en anglais… c'est HORRIBLE! Je comprends plus RIEN!
Je ne dors pas plus dans ce vol que dans l'autre. Complètement décalée mais même pas fatiguée, j'arrive à l'aéroport de Paris. Je parviens (c'est incroyable) à avoir mon sac dans le début, et je sors avec un grand air de vainqueur qui rentre au bercail après une longue lutte… Mais il n'y a personne. Bon. C'est l'heure pourtant. Je tourne un peu dans les environs, m'efforce de ne pas donner l'air de scruter tous les visages en attendant quelqu'un qui pense à moi. Toujours personne. Je commence alors à fouiller au fin fond de ce sac que j'ai eu tant de mal à fermer pour retrouver mon portable. Je crois que c'est en jurant contre ce sac qui se casse la gueule que je remarque la silhouette de mon père, attendant patiemment avec son appareil photo à une autre entrée. J'arrive derrière lui, et il ne remarque rien, tout concentré qu'il est à guetter mon arrivée de l'autre côté de la vitre. Je m'arrête dans son dos, il ne réagit toujours pas. Je lui dis alors sa question phare "vous habitez chez vos parents?" Alors là il se retourne, et sa joie des retrouvailles est gâchée par la déception de n'avoir pu mitrailler de photos l'arrivée triomphante. En plus, l'arriveuse en question est fringuée comme une "fumeuse de pet". Juste une photo pour voir cette horreur. Non, je rigole hein, on est très contents de se retrouver et il vient de faire 300km pour ma pomme! On va pas être bégueules!
Dernière aventure, celle de chercher environ une demi-heure durant la voiture. On vadrouille (avec mon sac) à travers toutes les lettres de l'alphabet s'inscrivant sur les piliers du sous-sol n°1. Rien. Et puis mon père s'aperçoit que c'est le sous-sol n°2. No comment!
On roule de nuit jusqu'à Dol de Bretagne, retour au bercail. Ma mère me serre dans les bras.
Par contre, ma sœur, c'est d'abord la gorge qui se serre le lendemain matin à cause de l'odeur des fringues mises au sale. Je me rendais plus compte, mais c'est sûr que la lessive à la main au bout de deux mois, ça vient plus au bout de la transpiration sur les vêtements!
Reste plus qu'à reprendre les bonnes habitudes hygiéniques (et c'est pas toujours facile!) avant la rentrée, dans une semaine…
Posté le 15.08.2007 par peru06
Au fur et à mesure de cette nouvelle année, les projets pour Rennes que j'avais notés pendant mon voyage se sont réalisés; aller dans un bon club d'aïkido, m'engager dans plein d'assos dont le commerce équitable (avec l'asso Artisans du Monde), aller aux conférences, faire des photos et dessiner, regarder plus de films, … Plus profiter et se faire plaisir sans trop me creuser la tête sur celle que je voudrais être. Se détacher de ces modèles qui nous hantent, s'émerveiller de tout. Accepter et bouger, ce n'est pas incompatible. Mais se morfondre en réflexions sombres, là ça n'aide personne. Que de grands mots qui n'aident pas à grand chose...!
Je retrouve aussi une énergie toute enfantine que j'avais perdue avec l'adolescence et l'accident de mon frère. Des trucs cons comme faire l'imbécile en cours, ressentir pleinement des moments de bonheur, aimer des gens. Si fait que je me sens moins seule dans cet appart d'étudiant, déjà parce que j'y suis bien moins souvent! Et moins souvent seule!
J'ai envie de communication, de partage, de contacts. C'est surtout ça que ce voyage m'a appris.
Autre truc de changé; ils m'ont agrandi l'estomac! Ou je me permets plus de plaisirs, aussi! Je suis devenue bien ronde, plus qu'avant mon anorexie d'il y a quatre ans, même! Je voudrais perdre quand même un peu, mais quel bonheur d'avoir ce genre de souci et non l'inverse, je me sens comme les autres! Cela me fait penser aux cours d'économie, à savoir la différence entre inflation (courante, qui dénote un mieux-vivre mais peut conduire à des excès) et la déflation (plus rare mais bien plus grave et difficile à arrêter, dénotant la morosité et le pessimisme). Un peu de désinflation (et non déflation) ne peut faire de mal, OK, mais l'inflation c'est bon pour la croissance! (Ces satanées révisions de partiels me bouffent jusqu'à mes réflexions égocentrico- métaphysiques!).
D'ailleurs, un truc bête mais quand je suis déçue, je retiens cette citation d'un bouquin sur un petit peuple tibétain; "A quoi bon? A quoi bon être malheureux?" Je sais, ce genre de phrase donne l'impression d'une niaiserie hypocrite. Un faux-semblant, une "crème fouettée d'optimisme" comme cité dans un bouquin acheté aux puces! Mais on en a bseoin, pas vrai? Sinon ce serait fatiguant.
Anna, ma partenaire, a une période difficile post-Pérou, ne comprend plus ce monde de France et voudrait repartir. Même si elle dit en avoir gardé une grande communicabilité. Et puis, ça va mieux après. Mais malheureusement, notre contact se perd. On s'est revues une fois, j'ai insisté pour qu'on se voit encore mais ce fut sans réponse. Je ne comprends pas trop cette distance, on a partagé des trucs tellement forts et c'était tellement fusionnel... (non non je suis hétéro!). Enfin, "c'est la vie" comme disent les vieux et les faux sages.
Autre souvenir pas très cool; les péruviens amoureux transis! Il y en a un qui a arrêté de me saouler seulement après 8 mois de mails-romans, de poèmes sur le coup de foudre, de photos de fleurs et même de prêches catholiques!! Au secours!! Et quand je prends la peine de lui répondre que je n'ai plus 12 ans pour croire ses salades et qu'on n'a jamais fait que discuter politique pendant 10 minutes sur une place surpeuplée, il croit que je m'intéresse à lui!!
Celui de Lima aussi m'a écrit une déclaration enflammée, mais qui m'a fait plus d'effets; pour lui, je ressentais quelque chose. Mais pas assez pour payer 1 200 euros de billet d'avion et m'emprisonner à Lima le restant de mes vacances d'étudiante.
Enfin, faut être honnête sur son égoïsme et sa vanité; tout ça, même si c'est relou, ça flatte!
Autre truc post-pérou, j’ai du mal avec des documentaires « exotiques », pas que je conteste leur qualité, mais je veux voir ça moi-même, comme si voir leur version me rendait jalouse avant d'en être émerveillée! Alors résultat, grâce à l'année d'étude de sciences-po, je pars dans trois semaines… 8 mois en Inde et au moins deux mois en Afrique. Youhou!! Je mettrai le lien du blog sur l'Inde dès qu'il sera créé. Mais j'ai encore du boulot ici! Des croquis, encore des photos, remodifier des billets écrits en speed…
Je pars le 5 septembre (enfin, j'aurai internet de temps en temps après!), mais si vous avez des remarques, suggestions ou questions… allez-y maintenant!