Créer un blog Présentation

Nom du blog :
peru06
Description du blog :
Histoire et images d'un périple latino-américain vécu de l'intérieur
Catégorie :
Blog Voyage
Date de création :
01.04.2007
Dernière mise à jour :
11.08.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· De Dol de Bretagne à Cuzco, passant par Lima et Ayacucho (14)
· De la jungle au lac Titicaca, transports compris! (14)
· De La Paz à Arequipa en passant par Arica (ça jette mais c'est court) (8)
· Expérience d'un mois au sein d'une ONG dans le village de Charcana, Cotahuasi (25)
· La côte sud du Pérou en (presque) solitaire et arrivée en France (16)
· Photos (143)
· Qroquis (la faute, c'est exprès!) (78)

Navigation

Accueil
Livre d'or peru06
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· 11 août, Contes courts concourant au concours (com
· 10 août, qutodien de Chusakay (bis)
· 26 juillet, bus jusqu'à Puno
· 14 août, cour d'école
· 24 août, la plus grande chute au monde
· 10 petit déjeuner
· 8 août, pêche à Chusakay
· 16 août, bancs d'école et tâches de peinture
· 17 août, école, web et anniversaire
· 23 juillet, découverte de la jungle

Statistiques



Recherche personnalisée

Derniers commentaires


09.08.2008
triple post et déplacé en plus
08.08.2008

08.08.2008

08.08.2008
explications
08.03.2008
vachement interessant
08.03.2008
nul
21.01.2008
vache cosmique?
12.01.2008
Moi aussi je vais partir avec AEDES
28.12.2007
Ojala que volvemos pronto!!
21.12.2007
:-)
12.08.2007
buenas!
05.08.2007
merci
04.08.2007
waouh
04.08.2007
holaaaaa!!
03.08.2007
saludos desde barcelona
03.08.2007
.
27.06.2007
RSS

Autres blogs à visiter :

· tajerouine
· marjoboliviana
· josolivecostarica
· choupette83
· benline
· alicia67
· eleonoreliverpool
· lifeisbeautiful
· stagegdansk
· nonopinpin

De la jungle au lac Titicaca transports compris

26 juillet, bus jusqu'à Puno

Posté le 28.06.2007 par peru06
7h du matin. Ca fait deux heures qu'on reste plantés dans un coin paumé, tout éteint. Je crois entendre qu'on est perdus, mais d'autres disent qu'il y a des travaux sur la route, ce qui semble plus plausible vu la file de camions et de bus sur la piste. En fait, c’est le chauffeur qui fait sa nuit. Les gens vont se laver les dents dans le ruisseau, on fait ses besoins sans aucune pudeur à côté du bus (y a pas beaucoup d’autre endroit à part le précipice et le mur de végétation impénétrable). On entend des molards de partout, des crachats, quelques pleurs d’enfants, des toux grasses… Bonjour à vous aussi !
Enfin, vers 7h20, on entend les premiers bruits de démarrage, comme un gros monstre qui se racle la gorge et s'ébroue après son réveil. Il crache, éructe, tousse, renifle… Il faut dire que ce chauffeur est vraiment chauffard. Avec ses grosses accélérations soudaines, on ne sait jamais si il va partir d'un coup alors que les passagers sont encore en train de se dépêcher de monter, comme un petit despote du camion martyrisé. Enfin, si ce n’était qu’à l’arrêt encore, mais c’est qu’il est dangereux ! Il accélère brusquement dans les virages serrés (près du précipice, donc) et en passant les cascades (ce qui nous fait rebondir tous les passagers ainsi que les déchets qui me retombent dessus, dans le paseo. Par contre, grande prudence, il ralentit exagérément dans les lignes droites sans danger… La psychologie des chauffeurs péruviens m’échappe.
À 9h, enfin, après 14h dans ce couloir de la mort (des nerfs), une place assise se libère. Mon voisin, Darwin, est gentil mais envahissant au sens propre (il prend la moitié de mon siège) comme au sens figuré (il parle tout le temps, plus que moi !). En même temps, au début, ça m'intéresse; il parle de toute la pâte de coca transformée à partir des champs de feuille dans les environs de Puerto Maldonado. Ce serait vraiment à portée de main. Il parle aussi des effets que cela a et du fait que Fujimori ait été le seul Président à vraiment s'attaquer à ce problème… OK d’accord c’est super, mais je veux dormiiiir… j’emploie une stratégie didactique ; je ferme les yeux, ne répond que par de vagues grognements, mais il continue à parler et poser des questions…
À un arrêt poussiéreux, on fait la queue pour payer 30 centimes un bout de PQ et rentrer dans les toilettes publiques dégueulasses. Une fois dehors, on s’arrache l’estomac en mangeant nos citrons et oranges de la jungle. Une femme, qui, comme les autres, nous avait observé, revient dans le bus à côté de son ami, puis se tourne vers nous et nous dit "Hola amigas, sirvese!" en nous offrant un petit pain ! Mon voisin m'offre ses oranges, le voisin d'Anna ses bananes. Je sais pas comment faut le prendre, on doit vraiment leur faire pitié, mais en tout cas c’était super gentil !
Un peu plus loin, on s’arrête encore et les flics demandent les passeports. Mon voisin, pris de peur, dit qu’il va à l’avant car il a le mal des transports (ça fait des heures qu’on roule sans problème) et il descend en oubliant ses affaires. Au bout d’un moment, le car repart… sans le voisin. Quand moi-même et quelques personnes crions qu’il y a encore quelqu’un dehors, un autre réplique que les flics s’en occupent… Bon, on va pas insister pour avoir un rôle dans un policier exotique !
À 16h, on arrive à Juliaca, bidonville en bordure de chemin de fer, peu sûr et jonché de multiples papiers crasseux. À l'inverse, le centre semble une petite bulle européenne avec ses pizzerias à l'italienne. Les vélo-taxis nous sautent dessus dès la sortie du bus ("c'est plus sûr, c'est plus sûr!»), et nous soutirent 4 soles pour deux minutes de pédalage! Anna insiste pour faire baisser le prix, mais le type est vraiment de mauvaise foi… Tant pis, il aura pas plus.
On prend un combi pour Puno, moins cher que le vélo-taxi pour trois fois plus de distance!
Une fois arrivés, on prend un taxi pour la maison de Wilber, d'Hospitalityclub. Il nous accueille en parka, en bonnet et écharpe ; à 4 000m d'altitude en hiver et sans chauffage, heureusement que j’avais prévu des affaires d’été ! Il y a aussi sa sœur architecte, très gentille, dont les mignonnes maquettes parsèment le salon, et nous offre de petits instruments sur broche (tambour, flûte de pan). Pour le dîner, on a un pain, une clémentine et une mazamorra morada (boisson chaude, sucrée et épaisse de maïs violet avec des fruits). J’ai faim, froid et j’adore ça ; je bois donc celle d'Anna en douce pour lui éviter de le jeter dans des fleurs qui n’existent pas. On discute, et comme ils ne comprennent pas qu'Anna ne parle pas espagnol, ils articulent lentement, font comme si elle était handicapée… Anna dit alors sur un ton agacé « no soy estupida ! ». la phrase va rester et provoque des éclats de rire. Mais bientôt, je suis plus rien et je rêve d’une couette chaude. Wilber parle beaucoup, trop pour moi ce soir.
J'envoie quand même mon premier mail à partir de la connexion de Wilber "chuis vivante et c super. G pa tro ltps, à+ ». Je me sens un peu coupable d’être aussi brève, surtout si je me mets à la place des parents. Mais je ne me l’explique pas vraiment, je m’étais déjà fait la réflexion. Pourtant je l’adore, ma famille, mais j’ai besoin de faire une pause affective. Anna envoie des photos de son appareil chargées sur l'ordinateur de Wilber, et je lui demande quand même de les envoyer aussi à mes parents. Avec Anna, on est à moitié hystériques car on s'est décidées pour suivre l'option à laquelle j'avais pensée; faire un tour par le Chili! Anna est folle de joie, on s’imagine ce qu’on va faire... Au bout, d'un moment, je suis vraiment trop crevée pour continuer à rester par politesse, et je vais me coucher sous la trentaine de couvertures avec tous mes vêtements possibles rajoutés et rentrés dans le pantalon, les chaussettes... Que j'ai froid! J’ai une infime idée de ce que peut vivre un gabonais en Antarctique !



--

27 juillet, de Puno à la Bolivie

Posté le 29.06.2007 par peru06
Je fais une fois de plus des rêves désagréables. Je suppose qu'ils sont un exutoire de ces questions et de ce malaise intérieur persistant que je ne ressens pas, du coup, pendant la journée.
En cherchant nos affaires au réveil, on s'aperçoit avec bonheur que nos sacs ont été fouillés à l'hostal moderno de Puerto Maldonado. Plus rien n'est à sa place, tout est sens dessus dessous… Mais rien n'a été volé. Bizarre, ils ont du tomber sur un nounours en peluche qui leur a fait peur ou sur une tapette à souris. Ou alors en voyant nos fringues pouilleuses ils se sont dit que c’était pas possible qu’il y ait du fric là-dedans… Ca fait quand même bizarre de savoir qu’ils ont tout sorti et remis !
Au petit-déjeuner, je rencontre le frère de Wilber, Edwin, plus rigolo (un peu comme Oscar). On parle culture et politique; le Pérou serait plus authentique et moins européen que l'Argentine et le Chili, avec qui il y a de grosses tensions à cause de la guerre du Pacifique. Ils sont pro-Chavez et considèrent Ollanta comme un nationaliste à la Chavez (c’est l’affiche "Amor por el Peru" avec une croix cochée sur une amphore), contrairement à celle d’Alan Garcia ("el cambio responsable" avec le Macchu Picchu en fond). Au cours de la conversation, Edwin demande à Anna si elle est romantique!!
On a faim pour le petit-dèj et Anna et moi commençons à dévorer notre assiette jusqu’à ce qu’on voit les visages un peu confus de Wilber et sa sœur… C’est la bouche pleine qu’on repose notre fourchette pour faire la prière « avant »… Glup ! Désolées ! Une fois faite, on peut continuer notre banane frite avec un œuf frit, du riz, du pain et une tasse de soja. Comme si tout ça ne suffisait pas, je finis encore le breuvage d'Anna. J’ai l’impression que ça fait passer le reste…
Durant toute la matinée, on fait plein de photos dehors, posées, en grimaçant, enfin des belles têtes de vainqueurs quoi. Nos batteries sont vidées!
Puis, juste avant de partir, alors qu'on a nos bagages sur le dos, le père nous fait nous rasseoir sur le canapé pour prier pour notre sécurité. Ils nous répètent de faire attention, ont les larmes aux yeux… Je sais qu’on est des stars, mais c’est peut-être une ovation exagérée, là ! Le père nous fait donc un discours pseudo-religieux sur la dangerosité des lieux, de notre chance d'avoir nos parents; ça veut dire que Dieu nous aime (les orphelins ne sont pas aimés de Dieu?), et nous demande d'où on vient… "De France? Aaaah, presque champions du monde, le coup de tête de Zidane!!!" Là, on a vraiment énormément de mal à ne pas éclater de rire!
Wilber nous conseille de prendre un taxi avec stratégie ; l’une met les sacs à l’arrière et l’autre discute du prix avec le chauffeur, pour que ce dernier ne parte pas avec les bagages sans leurs propriétaires…
Avec un combi on va à JULI, la ville des églises, ou la "petite Rome". Mais à part un christ noir, on ne voit que des ruines en restauration dans un village pauvre du genre Ayacucho, seulement traversé de gamins qui jouent, mais pas de touristes (ah si, plus tard, un horrible car d'italiens parlant très fort entre eux sans rien regarder).
Et plus ça va, plus je me dis que je préfère de loin les lieux de vie et non ceux touristiques, je veux d'abord voir les gens moins que des bouts d'histoire particuliers. Je me sens bien mieux dans ce minibus local, avec une vieille paysanne en deuil et des paysans aux chapeaux écornés, que dans le train pour touristes du Macchu Picchu. Les rencontres me passionnent plus que les musées. D’accord ça fait niais, mais ça se révèle d’un coup, comme une évidence forte.
En marchant vers la piste terreuse de Juli où attendent les combis en partance, on mange une orange et un gâteau acheté non loin. Sur la camionnette pour Yunguyo, ils chargent trois moutons ficelés par les pattes, tout tremblants, pour les accrocher sur le toit avec les bagages. On observe ça médusées, et les paysans rigolent de notre regard! Anna est stupéfaite de cette conception de la délicatesse envers les animaux!
Une fois dans le combi, une bolivienne nous demande d'où on vient, ce qu'on a déjà fait, … On devient le centre d'attraction de la petite camionnette ! Elle nous dit aussi qu'elle pense que Fujimori est un escroc qui s'est bien servi au passage et n'a apporté que de l'inflation, même si elle reconnaît la dangerosité de la coca et l’apport de Fujimori contre la drogue. Puis la conversation s’étiole au fur et à mesure que la magie de ces petits transports locaux fait effet. On voit de superbes paysages, traversés de paysans qui ramènent leurs bœufs. La paysanne en deuil s'arrête en pleine campagne, paye et s'engage à traverser un champ dont on ne voit pas la fin ni une quelconque maison à son bord. Elle part dans l'ailleurs, avec son baluchon. On voit des champs, des ruines de maison, des enfants qui jouent, des adultes qui travaillent.
On arrive à la frontière, où le seul moyen de transport pour arriver à la frontière à 3km avec nos bagages est… un vélo-taxi! On se sent mal, mais mal! Il insiste, on accepte. Mais dans les montées, alors qu'il commence à souffler, on saute du véhicule et on pousse avec lui. Sans doute honteux, il nous ordonne de remonter tout en soufflant. Au bout d'un moment, dès qu'on aperçoit les postes de frontière, on s'arrête, change nos soles en bolivianos, lui paye une bouteille d'eau et ses cinq soles.
Au poste de frontière, on voit les posters d'Evo Morales… Et Anna a failli taper le gardien (qu'elle tutoie et insulte presque pendant qu'il tâte sa matraque! Anna pitié tais-toi !) tout ça parce qu'elle doit payer 17 soles pour un papier qu'on aurait du lui avoir donné dans l'avion mais qu'elle n'a pas eu, sinon elle l'aurait conservé et remarqué. Elle finit par payer toujours en protestant pendant que l'autre garde bolivien me drague et s'étonne de mon âge.
Ouf, on en sort avec soulagement, ça y est on est en Bolivie! Youkiii, on enserre la statue qui nous indique la frontière du pays. On prend un bus pour Copacabana, où on rerencontre la bolivienne du combi. Elle nous dit de se payer un hôtel « de luxe » (dit "de l'ambassadeur") car le moins cher (comme le panneau glauque à l’autre bout de la rue, vers lequel on allait) peut ici conduire à se faire kidnapper ou fouiller, voler ses vêtements…! Enfin, le luxe de l’ambassadeur, ici, c’est une chambre péruvienne de base à 15 soles, quoi. 1, 50 euros chacune.

28 juillet, de Copacabana à la isla del sol

Posté le 01.07.2007 par peru06
Des gens ne se gênent pas pour petit-déjeuner devant notre fenêtre en discutant allègrement, anéantissant nos espoirs futiles de grasse matinée... En plus, on doit se dépêcher à cause du décalage de fuseau horaire (une heure en plus).
On a la diarrhée, la chambre est sale, il y a des feuilles de citronnier, araignées et poussières dans le lit dont les draps semblant inchangés depuis un petit bout de temps. Monsieur Propre, au secours ! On compense avec notre première douche chaude depuis la jungle… « douche », dans cette chambre = 3 petits filets d’eau plus fins qu’un câble électrique, qui en plus (c’est plus rigolo), partent dans trois sens différents… Si bien qu’on a plus froid dedans que dehors, et qu’on en sort vite fait sans avoir le temps de se décrasser. Ouaaiiis !!
Le type de l'hôtel nous offre la consigne de nos bagages, voulant sans doute nous faire du charme ou narguer sa collègue, qui manque de lui faire avaler le formulaire en entendant ça ! On sort vite fait de peur qu’il ne revienne sur sa parole et on va se balader dans la ville. On reste béates devant les burlesques baptêmes de voitures; devant l'église immaculée, des 4x4 flambant neufs jusqu'aux microvoitures branlantes sont entourées de guirlandes et de banderoles, de confettis et de paillettes, aspergées d'eau bénite pendant 4h durant sur un rythme de tambour! Ouah, ça c’est de la foi profonde !
Sur le marché, pendant que j’achète des gants salavateurs, Anna discute avec un type parlant français (un peu comme un chartier, avec plein de jurons alors qu’il paraît plutôt distingué !), il lui dit de faire bien attention aux escrocs… il est bien placé pour le savoir, puisqu’il finit par lui avouer qu'il est policier en civil avec huit de ses collègues, et qu'ils traquent deux groupes de rapteurs péruviens qui kidnappent les touristes, particulièrement sur les derniers combis de 18h entre Copacabana et La Paz. On retrouverait les kidnappés ligotés sans rien de plus que leurs sous-vêtements, voire morts! Il nous présente ses collègues, nous explique quels sont les trucs bons marchés mais dangereux, la différence avec une fausse carte de police pour ne pas se faire fouiller par des voyous… Il nous laisse son numéro de téléphone en cas d'urgence! Bienvenue en Bolivie, on fait que d’être rassurés en ce moment !
On va attendre sur le bateau qui doit nous emmener à l'île du soleil. On a payé en avance et notre chauffeur disparaît un bon moment. On se dit qu’on reste jusqu’au bout, il ne nous aura pas comme ça ! Quand il revient, c’est pour nous dire de changer de bateau parce qu'il n'a pas assez de monde, on prend le numéro du bateau au cas où il nous enverrait à pétaouchnoque sans qu’on parte vraiment, ou qu’on repaye. Grr! Ca y est ça me fout de mauvaise humeur ce retard ! En face, un blaireau joue (très mal) de la guitare, et chante (encore plus mal) en même temps. Le port est vraiment super moche; maisons hideuses et bateaux à touristes, pas de belle vue, … et pour couronner le tout, ça fait1h30 qu’on doit partir dans une demi-heure !
Une femme en costume traditionnel marche vers notre bateau, et sort son portable de son gilet troué! Elle n'est pas très communicative et me regarde d'une manière agacée quand je lui demande quand on part. J'espérai engager une conversation (comme cela s'est tant produit depuis le début de notre voyage), mais elle se tourne aussitôt et continue à discuter avec un autre type. Ok d’accord, je sens que si je lui demande une photo elle me donne une baffe !
Finalement, on rechange de bateau et notre chauffeur revient. On ne cherche pas à comprendre, on part! Unbelievable!
Sur le toit du bateau, on parle avec Anna, et on se dit qu'à la Selva comme à Puno, on était tristes de partir et de se détacher des gens. En un sens, on se dit que c'est rassurant de voir qu'on voyage avec un cœur, sans avoir l'impression d'avoir tout vu tout fait, sans être sûres de nous, de tout, du monde. C'est sans doute comme ça qu'on profite au mieux d'un lieu; si on se détachait de cette peine, on se détacherait de la passion. Et puis, ça contribue à donner de soi-même, à partager.
(C'est marrant, plus ça va, plus j'ai envie d’écrire ce journal. Fallait pas forcer, ça vient tout seul!)
Je me laisse bercer par les voix à l'intérieur du bateau, le ronronnement du moteur, le claquement du drapeau bolivien, les éclaboussures… Les montagnes se chevauchent avec leurs terrasses dessinées et leurs rocs froids et charnus.
Qu'il fait froid! On se camoufle autant qu'on peut avec tout ce qu'on a, et on s'allonge sur le pont pour ne pas être fouettées par le vent. Et là, on a un moment de délire ;
"Dans une semaine c'est déjà l'ONG. Ça passe trop vite, j'ai pas envie que ça s'arrête! Et puis quand même, t'as vu ce qu'on paye pour l'ONG.
–Ouais, avec ça, on pourrait voyager tout le mois qui vient, avant on se rendait pas compte des valeurs.
–En plus on sait même pas ce qu'on fait là-bas.
–Tu vas voir, on va pas y aller et continuer toutes les deux pendant un mois au Chili!"
On éclate de rire, heureuses de notre complicité rassurante, grâce à laquelle on profite tant, mais qui va bientôt être brisée… Et c'est qu'elle commence à me convaincre! Mais bon, sur le fond, je me dis quand même que j'ai vraiment envie de tester le fait de s'implanter sans passer d'un endroit à l'autre, de rester et bien connaître les gens. Et puis bon, j'ai déjà engagé des frais dans un stage en ONG que je veux expérimenter (si c'est bien le métier que je veux faire!). Il y a aussi le fait qu'à chaque fois on regrettait l'endroit d'avant, on n'était pas déçues du suivant… Mais bon, toute raison mise à part, je m'imagine quand même très bien vadrouiller un mois de plus ensembles! Très bien, même trop bien!
L'arrivée sur l’île du soleil est jalonnée de restaurants et hôtels touristiques; le sentiment de malaise se poursuit. Les îliens doivent vraiment se sentir envahis et exploités tant ils sont froids et méfiants envers les touristes. Nous ne sommes à leurs yeux que de niais tas de graisse à lunettes noires avec des bolivianos et des cadeaux potentiels… Ni bonjour, ni un regard, les gamines sont éduquées dès deux ans pour nous demander de prendre une photo d'elle afin d’avoir une "propina", demander un cadeau, voire essayer de le voler si il ne vient pas sous les demandes insistantes ! Aucun partage, aucun signe de complicité.
Pour éviter ce genre de situation, on se promène seules sur un sentier local, à l'écart des gens. Anna a du mal à respirer dans les montées, donc on prend notre temps en regardant le paysage très méditerranéen et les quelques troupeaux dans l’herbe sèche. Un homme me fait très peur en me dépassant sans que je l'ai entendu venir! En fait, il a du réfléchir et nous attend plus loin pour nous proposer de le suivre à travers un raccourci hors piste. Il a une sorte de veste assez élégante qui jure avec son pantalon de toile miteux et ces sandales que tous portent, grossières lanières cloutées, laissant voir la peau tannée et poussiéreuse de leurs pieds. On le suit, accompagnant un moment un berger avec son troupeau de moutons. Plusieurs paysans nous croisent et plaisantent avec notre guide, lui fouettant invariablement les fesses au passage! Bon OK, tout compte fait c’est pas grave si on est pas trop intégrées au milieu local !! On passe dans des villages pauvres et paumés, où des hommes et des ânes chargés de bois montent les ruelles pavées, se frayant un passage parmi les cochons traînant dans le caniveau.
Quand certains daignent nous regarder, c'est déjà un honneur. Parfois, en disant bonjour à notre guide, ils nous le répètent machinalement mais rarement avec gaieté de cœur. Parfois avec curiosité, souvent avec méfiance quand ils découvrent leur méprise. L'homme, lui, ne nous demande rien, il continue sans mot dire.
Que ce soit l'altitude, la cigarette, la claustrophobie… les montées coupent parfois violemment la respiration d'Anna et la font stresser. Et l'homme attend dans ces cas, et quand on revient, il repart sans dire un mot de plus. Lorsqu'on arrive sur une petite crique de galets, on lui dit qu'on s'y pose et qu’on n’avancera plus. Anna ne veut plus faire un pas, prendre le temps, ne pas se laisser embarquer comme ça. Jusqu’où veut-il nous mener ? Il insiste en disant qu'il faut juste aller de l'autre côté, on ne comprend pas et on lui dit de ne pas nous attendre, de nous laisser. Il dit alors qu'il va de l'autre côté, et nous lâche. Enfin ! On a toujours pas compris, mais bon !
Deux enfants jouent avec des pneus au bord de l'eau, et nous sourient sincèrement, ça fait du bien. Un type arrive, nous demande d'où on vient, sympa. Après avoir un peu discuté, je lui dis qu'en tant que touristes et au vu des réactions des îliens, on a vraiment le sentiment de les envahir. Et là, il grogne un peu, tourne les talons et s'en va! Ouuf, que je me sens mal à l'aise! Une femme et sa gamine viennent aussi nous voir pour faire une courte causette avant de proposer leur maison d'hôte. On demande où c’est et on dit que pour l’instant on reste là mais qu’ensuite on viendra peut-être. Aussitôt dit, elles s’en vont. D’accord, c’est pas comme si on pouvait discuter d’autre chose après… Un ado vient aussi pour directement me proposer un tour en bateau. Malgré mon insistance à refuser, il s'intéresse quand même à mes dessins, regardant par-dessus mon épaule puis me demandant si il pouvait regarder le carnet. Ca fait plaisir quand même de ne pas être qu’un portefeuille ambulant, même si ça fait gosse de riche de le dire.
Finalement, alors que la lumière du jour commence à décliner, on continue à longer la crique pour voir ce qu'il y a après, par hasard, vu qu'on se sent très intruses ici. On découvre notre guide de tout à l’heure qui nous attend en fait sur le chemin à la porte de l'hôtel où il devait avoir sa commission ! On avait pas compris la perche, mais maintenant tout s’explique ! C’est de bonne guerre qu’on s’y arrête, car de toute façon on avait juste en tête de trouver un endroit un peu plus sympathique où dormir… Ca semble être le cas et en plus très bon marché ; seulement 15 bols (moins d’1, 50 euro) pour une super vue sur le lac, un lit et deux bons repas…
Alors qu'Anna reste attablée, je suis encore bien motivée. Je décide de monter au-delà des collines de caillasses blanches, de champs inégaux et de végétation sèche pour voir le soleil couchant sur le lac… Le sommet, en fait, c’est vachement loin ! Le soir tombe vite, alors je cours, cours, crachant tous mes poumons et mon estomac dans cette longue montée à 4 000 mètres d’altitude… Je dois faire quelques courtes pauses, ramper sous quelques barbelés, sauter par-dessus des fossés, arriver au sommet… qui n’en est pas un car la montée continue derrière. Enfin, j’arrive au bout et je vois la lueur orange qui dépasse du sommet. J’arrive enfin, en soufflant, pour admirer le soleil caché par les nuages! Aaaargh ! Loupé ! En attendant, la nuit tombe et je ne peux pas trop m’attarder à profiter des lueurs qui restent assez jolies, même si le globe orangé reste dissimulé par la grisaille. Je vois la lune en croissant clair, la nuit tombe. Je dévale les collines le plus vite possible pour rattraper la lumière. À la fin, mes pieds ne bougent plus que par instinct tant je dévale à fond la pente raide, inégale et rocailleuse. Je ne vois plus les obstacles qu’au dernier moment, c’est mon corps qui anticipe. Que c'est bon de se laisser porter, traversée d'un frisson d'adrénaline! Je me retrouve bientôt sur une route que je ne reconnais pas, découvrant quelques maisonnettes préhistoriques entre les arbres, puis en marchant je retrouve quand même l'auberge, où on a un dîner gargantuesque (amis de la littérature bonsoir). Un couple de jeunes allemands est là, alors… je parle allemand! Après le français, l’espagnol et l’anglais, ce séjour est vraiment linguistiquement enrichissant !

29 juillet, de l'île du soleil à la Paz

Posté le 06.07.2007 par peru06
Je rêve que mon petit cousin Nikita se suicide et j'en suis très attristée parce que j'ai l'impression que j'étais dans le même état un peu dépressif que lui, donc que ça peut m'arriver aussi. J'essaye de comprendre, je parle avec ma mère de son parcours "psychiatrique" qui ressemble à un parcours de boxe, matériellement situé l’une ancienne écurie de mon jardin (!!), parsemé d’obstacles et imprégné d’une ambiance très glauque et effrayante ; je reproche donc qu'elle ne l'ait pas du tout aidée, bien au contraire. Je rêve aussi que je suis en France sans pouvoir communiquer ; je suis avec ma famille mais on ne peut rien partager, ils font des projets et je veux venir, mais ils disent "mais non, de toute façon, t'es au Pérou !". Mais alors que j'y retourne, bordel, me dis-je! Je rêve aussi d'un ballet du " Saccsayhuaman" de ma sœur Éloïse, qui a besoin de mon frère Guillaume pour faire le Saccsayhuaman (dans le rêve, une sorte de statue inca dorée) et moi-même (malgré mon absence !) pour faire le chien! Ca c’est du vrai rêve burlesque !
Après toutes ces aventures, je me lève tôt et me pose sur la petite crique déserte pour écrire et dessiner, d'où j'entends les bruits de fanfare du village. Quand Anna se réveille, elle me dit qu'elle a elle aussi rêvé de la mort de sa petite cousine! Il y a plusieurs similitudes dans nos rêves, et ce n’est pas la première fois. En tout cas, c’est passionnant !
Comme d’habitude, je n’écoute pas spécialement mon ventre et prend systématiquement toute la bouffe disponible sur la table, y comprend beurre et sucre sans pain ! Mais je veux profiter et ne pas être fatiguée pour un moindre coût.
On a des troncs en guise de table et de sièges, desquels on aperçoit à travers les cactus les terrasses cultivées, les locaux menant leurs troupeaux avec ces petites radios qu'ils ont tous à l'oreille ou accrochées à un piquet de bois.
Une fois sur le départ, on hésite entre les chemins… Anna ne veut pas monter plus haut pour tenter de reprendre l’itinéraire balisé pour les touristes, qui nous mènerait jusqu’aux ruines, donc on prend en fait la piste locale, où on profite pleinement des parfums provençaux de thym et de laurier, flottant dans l'air au milieu des feuilles paisibles. Puis, alors qu’on pense arriver aux ruines, on arrive dans un village où on est obligées de passer à travers des jardins et des courettes privées, d'où les gens nous regardent aussi étonnés qu'amusés!
Finalement, à force d’excuses et de demander notre chemin, deux enfants veulent nous accompagner jusqu'aux ruines. Ils nous suivent un peu avec leurs cartables, sans qu’on sache vraiment ce qu’ils veulent. Avec les histoires qu'on a entendues à Copacabana, on devient méfiant ! Je repense à ces gamins et ces jeunes filles qui servent à donner confiance et attirer les touristes dans des guet-apens. Il ne faut pas être parano, mais j'avoue que, vu le malaise ressenti sur cette île depuis le début, ça ne prête pas à vouloir partager des collections de timbres. Sans doute veulent-ils un pourboire, et on leur précise donc qu'on n'a rien pour eux, mais ils restent. Ils nous posent parfois des questions sur la France (y a des hôpitaux là bas, des ambulances?) et disent vouloir partir de l'île. On a l’impression qu’ils ne voient pas souvent de touristes, ou alors ils jouent bien leur jeu. Le malaise se creuse au fur et à mesure qu'on attend de voir les ruines, et qu'Anna se fatigue à monter ce qui n'est pas un chemin. On est en hors piste, elle est fatiguée et le deuxième gamin nous suit à distance derrière les arbres.
Finalement, on aperçoit le fameux chemin de l'inca qu'on avait loupé, et ils nous y laissent… sans rien demander, juste en disant au revoir. Tout d'un coup, j'ai une de ces hontes, un de ces regrets! Je les ai pris pour ce qu'ils n'étaient pas avec des préjugés. Comment s'en tenir au juste milieu? J'ai honte de mon comportement. Je voudrais m'excuser, mais cela n'aurait pas trop de sens. C’est un cercle vicieux, on a eu peur et ils ont du être d’autant plus déçus, ce qui fait qu’ils seront moins agréables avec d’autres touristes.
On arrive aux ruines, pénétrant entre deux murs de pierres, quand un garde crie derrière nous. Il faut un ticket qu’on doit aller payer 20 mètres derrière, mais le vendeur avait du partir pisser… On y va en grommelant, surprises, surtout que ça coûte quand même dix bolivianos alors qu’en visitant, on se rend compte que ce n’est ni une emplacement stratégique, ni une construction solide ou audacieuse. Pour un peu, on croirait que quelqu’un a ramassé et assemblé des pierres il y a quelques dizaines d'années !
Le hurleur à la guitare de Copacabana est là, et, pour couronner la mauvaise impression qu’on se fait sur ce lieu, il nous colle ! Il nous explique qu’il est en fait traducteur brésilien de poèmes de Rimbaud… "Facile", qu’il dit! Ben oui voyons, aussi facile que de mimer la circulation des sèves inouïes ! Non mais quel con ! Si Anna le trouve rigolo parce qu’original et un peu déjanté, moi, il me saoûle. Le seul moment où il m’inspire autre chose que de l’ennui, c'est quand il nous lâche les basques pour descendre sur la crique déserte d’en bas et s'y baigne, puis admire seul le lac allongé sur les galets… Cette envie de l’imiter est brisée par deux gamins qui courent partout et font la chasse aux touristes en nous harcelant de "me saca foto", "vende caramelos", "me regala tu naranja". Donc en tant que gibier, bah on se barre.
Sur le chemin, on recroise les allemands de notre auberge, à qui on sourit. On voit aussi d'énormes eucalyptus et d'énormes américains parlant très fort sous leurs bobs ridicules, cachés derrière leurs lunettes de branlou. Je sais, ça fait cliché, mais c’était ça.
Une fois arrivées à la crique où reposent de petites barques colorées, on entend les cris d'un match de foot entre adultes. On attend le bateau près des ânes si velus. Bientôt, des groupes de touristes bien sapés, avec bâtons de marche et lunettes de soleil, arrivent en s'esclaffant. Je deviens de plus en plus allergique, il faut que je surveille mon orgueil! Je suis aussi une touriste, je me déteste donc moi, je ne suis ni si différente, ni l'unique à vouloir découvrir tout cela…
On embarque avec tout ce joli monde. Après une heure de bateau, on doit débarquer au port sud, où nous sommes arrivés la veille. On s’installe sur l’herbe, et une gamine propose à Anna de lui faire les deux tresses traditionnelles (elle a renoncé en regardant les miens). Au début, on insiste tant à refuser qu’elle propose que ce soit gratuit. Anna accepte donc avec étonnement. Mais évidemment à la fin, elle réclame 5 bol, puis un élastique comme cadeau, puis un autre truc…. Et l’autre gamine, plus agaçante, qui a rejoint le pigeon et lui a mis de l'eau dans les cheveux, réclame aussi sa part! Toutes les enfants sont à l'affût du moindre bol touriste (les garçons préfèrent jouer !). On est des réservoirs à fric! Le seul moyen d'approche non intéressée (car la discussion tourne toujours au marchandage) est le dessin. Quand je dessine les embarcations ou les gens, ils voient enfin autre chose que nos sous et ils restent derrière, à regarder ou poser quelques questions.
Sur le retour, outre prendre des coups de soleil, Anna et moi parlons d'esprits. Je n'y avais jamais vraiment réfléchi, j'avais en fait un peu repoussé cela pour des modes de réflexion plus "légitimés" (philosophie), mais qui n'ont le monopole que de l'ordre social. Il faudrait que je me renseigne plus là-dessus. On parle de tous ces points communs métaphysiques, au-delà de ces aspects étranges de la vie, de cette unité qu'on ignore, ce tout fait d'avant et d'après, ces signes… Peut-être est-ce trop facile et tout mélangé… Enfin, on ne va pas résoudre le sens de l’existence maintenant, on est trop fatiguées !
On arrive à Copacabana, où le cybercafé est à 12 bol l'heure!! On croit à une blague, d’habitude c’est trois fois moins cher ! (enfin, ça fait moins d’un euro en fait…) Le type d'Hospitality club nous dit, comme les policiers, de faire très attention au combi Copacabana-La Paz de 18h30. Or, au moment qu’il est à présent, c'est le seul qu'on puisse prendre à moins d'attendre le lendemain… Rassurant! On prend quand même la décision d’y aller, regardant avec une certaine angoisse les différents minibus qui partent. Certains semblent vraiment être la caricature du groupe de kidnappeurs. Un combi vide avec deux-trois jeunes mecs assez costauds qui se parlent, se caressent, ricanent et nous regardent… On finit par en choisir un plein aux trois quarts tenu par un vieux pépère tranquillou, avec des touristes et des locaux à l'intérieur, des sacs sur les toits…; ça lui prendrait du temps de maîtriser tous les touristes, séparer les locaux et leurs sacs, et le chauffeur n'a pas l'air de vouloir d'ennuis. Bon. On prend nos places et on va s’acheter à dîner en attendant que le véhicule se remplisse.
Dans la ruelle étroite où on négocie notre poulet-salade-riz-frites, un gamin se fait écraser le pied par une voiture qui n'a pas la place de passer, c’est l’évènement. Le chauffeur a failli se faire lyncher par les mamas en colère ; faut dire qu’une BMW dans ce taudis, ça provoque. On retourne à notre problématique du moment ; plat avec ou sans sauce (ils n’ont pas la même notion de l’expression « sauce forte »). On part avec nos sacs plastiques remplis pour s’installer à l’avant du combi. Et là, Ô surprise, il n’y a pas de couvert! Alors le poulet-frites ça va, mais essayez riz-salade pour voir ! Surtout dans ce contexte, les conditions de notre repas attirent pas mal de regards. Non, le ridicule ne tue pas, non, le ridicule ne tue pas… !
On finit par partir une fois le véhicule plein à craquer, après une demi-heure d'attente. On croise des lamas sur la route tandis que la nuit tombe au cœur des lumières roses. On s’arrête ensuite pour passer le lac sur une barque, tandis que le combi navigue sur une autre, et on reprend place. Anna s'allonge à demi sur mes genoux, pendant que j'admire tranquillement le paysage qui défile… Que je me sens bien avec elle, bien ici, bien maintenant, juste bien… J’ai l’impression que c'est là où je dois être.
Peu à peu, on voit la silhouette endormie de la ville, comme un drôle de ciel en collines étoilées de vert, bleu, jaune, orange, blanc… Le réalisme revient au galop quand on arrive en haut de la Paz, l'endroit le plus froid, le plus délabré, le plus pauvre. À chaque bout de rue défoncée s’étale un dépôt d'ordure où farfouillent nombre de chiens errants et de femmes à la lueur d'un feu de détritus. Ô bonheur, c’est là que le combi nous dépose ! On trouve la cabine la plus proche pour téléphoner au type d'hospitality club, qui nous donne rendez-vous dans la rue la plus connue (Sagarnaga). On prend un taxi avec un autre passager du bus de peur de nous faire embarquer. On retrouve enfin le type dans la dite rue, qui commençait à s’inquiéter. Puis il nous emmène direct en boîte (les rues sont collantes de crasse et de bière après une fête), et j’y vide le ponch comme de l’eau pour étancher ma soif, me taillant une réputation injustifiée voyons ! La musique est aussi nulle que les musiques habituelles de boîte (du moins de celles que je connais), mais c'est sûr qu'ils se bougent mieux… Mais nous, nous n'avons pas la force ni l’aisance de danser, ce qui le déçoit beaucoup ; il trépigne sur place en nous regardant boire. Il nous dit avoir dansé pendant les fêtes traditionnelles, avec son super costume de poisson volant (non ça c’est moi qui interprète d’après les costumes des défilés qu’on a vu dans les rues) et maintenant il est en vacances. Sur la fin, un petit groupe traditionnel joue une bonne musique qui achève de nous endormir.
Décevant encore plus Freddy, on demande à rentrer et il nous paye même le taxi tellement on semble nazes ! Il nous offre sa chambre (ce qui nous paraît d’ailleurs étrange), et on se met d’accord sur un roulement entre celle qui dort sur le lit ou celle qui dort avec son sac de couchage sur le parquet… Qu'il fait froid, c’est pas possible ce qu’il fait froid! Je ressors le branle-bas de gros froid (pantalon dans les chaussettes, pull dans le pantalon, etc) et m’endors tant bien que mal.
Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus