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Nom du blog :
peru06
Description du blog :
Histoire et images d'un périple latino-américain vécu de l'intérieur
Catégorie :
Blog Voyage
Date de création :
01.04.2007
Dernière mise à jour :
23.08.2007
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6 septembre, arrivée

Posté le 15.08.2007 par peru06
D'après les regards autour du siège, je crois que mon journal intrigue. Sans doute autant pour sa crasse que pour le fait que j'y écrive ou dessine (des motifs incas notamment). Enfin, ce n'est pas le cas du regard de mon voisin, lui il me fixe bizarrement et m'agace au plus haut point, poing que je rêve de lui foutre dans la gueule d'ailleurs. Calme. Mais c'est dur. On a un 2° dîner (ça ne m'empêche pas de bouffer les restes de l'autre voisin!) dont la boîte est ornée d'un sudoku. Youkii, une occupation! Sauf que mon voisin (qui, pour continuer à se faire aimer, attend de voir ce que je prends à bouffer pour dire la même chose… grrr), se couche littéralement sur mon épaule pour essayer de lire ce que je mets. Je n'attends qu'une remarque pour l'envoyer bouler! Mais à force de me tourner dans l'autre sens et de pencher mon carton, il se lasse. Quand même!!
Les hôtesses ne parlent ni espagnol, ni français! Mais ma surprise cède bien vite la place à la satisfaction d'une vue panoramique trois étoiles quand un joli jeune type galonné remplace l'hôtesse et se penche pour ramasser un sac...!

On arrive à l'aéroport d'Amsterdam et les gens applaudissent à l'atterrissage. Ca doit être rassurant, ça?? Qu'est-ce qu'on est censés faire si c'est pas bon, on claque des os?
À la sortie, il est 17h et il fait aussi gris qu'à Lima. Je n'ai aucune patience! Tant qu'à revenir, je voudrais déjà être en France! Mais d'autres péripéties m'attendent…

Déjà il y a le stress de ne pas trouver mon chemin dans les terminaux de cet aéroport. Bon, ça va. Par contre, quand j'arrive à la douane ils me posent des questions pourries pendant une demi-heure ("vous étiez seule à Lima? Pour quoi faire? Combien de temps? Etc, etc). Mais je n'arrive même plus à répondre en anglais!! Je demande "se puede hablar espanol por favor? No? No." Vue la queue qu'il y a derrière, elle finit par me lâcher à contre-cœur.
Et alors après, au moment de passer sous le portique pour la salle d'attente de mon dernier avion, c'est carrément la fouille! Je passe une fois et ça ne bipe pas, mais la femme en uniforme me dit quand même de me mettre sur le côté. Il faut dire que j'ai pris les fringues propres qu'il me restait, mais elles font un peu "fumeuse de pet", comme dira mon père! Alors en plus en repartant d'Amsterdam, on imagine facilement le scénario d'une baba-cool revenant avec ses stocks de cannabis. Et elle doit y croire dur comme fer, à ce scénario. Elle me somme (gentiment, il faut l'admettre, mais je n'ai pas plus le choix!) d'enlever mes chaussures et mes chaussettes pour les passer aux rayons x aussi. Pendant ce temps, elle me fouille de haut en bas, insistant sur la ceinture, l'écharpe, les bracelets, les cheveux, les sous-vêtements (un peu gênant, surtout devant tout le monde)… et alors quand elle sent dans mon soutif un élément étranger comme un sachet de stupéfiant, j'ai vraiment peur qu'elle me dise de passer dans la pièce à côté et de m'y retrouver à quatre pattes! Mais elle voit que ce ne sont que mes gros billets (planque à liquide imparable pour les amatrices).

Enfin je finis par passer, même si j'ai honte car je pense que, même en m'étant lavée hier, je dois pas sentir la rose. D'ailleurs je fais vraiment très pouilleuse au milieu de ces français en costard qui font Amsterdam-Paris (même si il y a aussi des ploucs en costume qui puent la vinasse!).
Puis on embarque. Avant de partir, on assiste au décollage d'un avion qui part en face de nous, et au fond de moi j'appelle ma maman. C'est impressionnant, on a l'impression qu'il nous fonce dessus!
Sur ce petit vol, les hôtesses sont moins belles, forcément, il y a moins d'espace et de bouffe (un sandwich et un café avec du sucre fin, chimique et dégueulasse). Mon voisin australien, qui va traverser la méditerranée en bateau à voile (après avoir traversé l'Atlantique) essaie de communiquer avec moi en anglais… c'est HORRIBLE! Je comprends plus RIEN!

Je ne dors pas plus dans ce vol que dans l'autre. Complètement décalée mais même pas fatiguée, j'arrive à l'aéroport de Paris. Je parviens (c'est incroyable) à avoir mon sac dans le début, et je sors avec un grand air de vainqueur qui rentre au bercail après une longue lutte… Mais il n'y a personne. Bon. C'est l'heure pourtant. Je tourne un peu dans les environs, m'efforce de ne pas donner l'air de scruter tous les visages en attendant quelqu'un qui pense à moi. Toujours personne. Je commence alors à fouiller au fin fond de ce sac que j'ai eu tant de mal à fermer pour retrouver mon portable. Je crois que c'est en jurant contre ce sac qui se casse la gueule que je remarque la silhouette de mon père, attendant patiemment avec son appareil photo à une autre entrée. J'arrive derrière lui, et il ne remarque rien, tout concentré qu'il est à guetter mon arrivée de l'autre côté de la vitre. Je m'arrête dans son dos, il ne réagit toujours pas. Je lui dis alors sa question phare "vous habitez chez vos parents?" Alors là il se retourne, et sa joie des retrouvailles est gâchée par la déception de n'avoir pu mitrailler de photos l'arrivée triomphante. En plus, l'arriveuse en question est fringuée comme une "fumeuse de pet". Juste une photo pour voir cette horreur. Non, je rigole hein, on est très contents de se retrouver et il vient de faire 300km pour ma pomme! On va pas être bégueules!

Dernière aventure, celle de chercher environ une demi-heure durant la voiture. On vadrouille (avec mon sac) à travers toutes les lettres de l'alphabet s'inscrivant sur les piliers du sous-sol n°1. Rien. Et puis mon père s'aperçoit que c'est le sous-sol n°2. No comment!
On roule de nuit jusqu'à Dol de Bretagne, retour au bercail. Ma mère me serre dans les bras.
Par contre, ma sœur, c'est d'abord la gorge qui se serre le lendemain matin à cause de l'odeur des fringues mises au sale. Je me rendais plus compte, mais c'est sûr que la lessive à la main au bout de deux mois, ça vient plus au bout de la transpiration sur les vêtements!

Reste plus qu'à reprendre les bonnes habitudes hygiéniques (et c'est pas toujours facile!) avant la rentrée, dans une semaine…



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5 septembre, attente et départ en avion

Posté le 15.08.2007 par peru06
On a un pti-déj avec de l'avocat et pain-beurre, c'est trop bon! Mis à part ça, on ne fait rien de la matinée avant d'aller à l'aéroport, si ce n'est regarder un film avec Harisson Ford, écroulés par terre comme des larves.

Puis on visite quand même un parc sympa, le "parc de l'amitié" hispano-péruvienne (devant lequel patrouillent des gardes privés!). Il y a une arche offerte par le roi d'Espagne en 1924 pour l'anniversaire de l'indépendance péruvienne, détruite en 1939 (accès de colère anti-occidentale), et reconstruite en 2001. Il y a encore un centre culturel avec des livres consultables gratuitement (dont un très beau sur les légendes d'ici), un petit train rénové, des jeux pour enfant, de la musique.
Quand on sort dans la ville, on remarque plein de cabinets dentaires qui semblent fonctionner comme des instituts de beauté! Autre truc incongru, on voit le poster d'un père noël péruvien avec son gros costume et les enfants péruviens avec leur chocolat chaud. Ce qu'oublie de préciser le poster, c'est qu'au Pérou il fait 35°C à Noël!!

Puis on revient prendre nos affaires vers 16h à la maison, et ce sont les adieux avec la femme de ménage, et même avec la voisine de la fenêtre qui nous fait un "pssst" de la fenêtre! On ne l'a jamais vue, mais elle a du nous épier depuis le début!
En taxi (on a de trop gros sacs pour aller à l'aéroport en combi), on se fait aborder par les vendeurs aux feux rouges. On croise un hôpital militaire glauque ainsi que de beaux bâtiments coloniaux… à louer! J'aurais pas pensé à cette utilisation!
À 17h30 on est à l'aéroport où rodent les chiens errants. En allant prendre mon billet, je discute avec un péruvien et sa petite-fille américaine, une vraie peste pourrie gâtée. Ca frappe encore plus quand on est dans un pays comme ça.
Puis Ludwig et moi discutons avec un breton qui a tout lâché après un bac S et 6 mois d'école d'hôtellerie pour aller au Pérou avec toutes ses économies. Tout ça en prévenant ses parents 2 jours avant le départ! Il a monté un bar/crêperie/hôtel à 15 dollars la chambre (c'est E-NORME pour le pays!) dans le nord, sur ce qu'il appelle l'"ibiza péruvienne", et ça marche du tonnerre avec son associé argentin! (il s'est fâché avec son autre associé et dit que c'est parce qu'il était péruvien…). Maintenant, ça fait trois jours qu'il campe (dangereusement) près de l'aéroport, en short tee-shirt et tongs. Il attend de choper une place dégriffée pour cause de désistement dans un avion qui irait vers Amsterdam, et de là, il voudrait aller en Bretagne… en stop! Pour financer un toit de temps en temps, il a juste son vieux sac à dos de toile usée rempli de babioles à vendre, qu'il a faites (chapeaux en fibre de coco…) ou que des copains lui ont passées (colliers, bijoux…). Et il a 19 ans! Y a de ces mecs en voyage, même Anna fait petite fille sage à côté de cet aventurier!

Quand on passe dans le terminal, le breton ne peut plus passer; il n'y a pas de d'annulation de billet. Ludwig et moi allons fumer une clope dans le bar où tout est exactement 10 fois plus cher (eau minérale à10 soles, poulet frites à 40s… !) On a négocié pour ne rien consommer, mais ce fut rude! Dans les boutiques suivantes, je prends nougat et toblerone comme dîner, je prends aussi une bague certifiée de bonne qualité qui se cassera toute seule dans l'avion. Je lis un peu le journal, notamment un article sur l'assassinat de deux journalistes péruviens.
Puis l'embarquement commence. Adieux sans fanfare avec Ludwig, c'était un bout de chemin commun bien agréable mais sans suite. Il ne répondra que brièvement à mon mail trois mois après, puis plus rien. Pas grave, "vis ta vie" comme dirait ma collègue de travail.

On rentre donc dans l'avion, et passer ce cap me fait réaliser que ce retour ne me fait pas peur. On s'installe comme il y a maintenant deux mois sauf que là, la voix de l'hôtesse expliquant calmement comment essayer de sauver sa vie dans un avion en flammes m'évoque un peu une péripatéticienne en plein travail! Autre chose qui change d'il y a deux mois, c'est que ma lingette chaude, distribuée avant le repas, devient aussitôt noire!
Mon voisin de 15 ans, qui espérait que je lui donne plus que son âge alors que c'était l'inverse, est comme un animal qui renifle tout, touche à tout comme si il avait perdu quelque chose. Mais en plus il est prétentieux! Comme il va faire des études à l'étranger, il se prend pour quelqu'un d'important. Il est saoûlant et peu compréhensible, et je lui fais comprendre en me tournant et en me collant les écouteurs aux oreilles.
Que c'est bon de la musique classique! (concerto de Bach pour violon et haut-bois, violoniste Hylary Hahn). Ce morceau de piano est génial. Et le jazz, mon dieu ce jazz (euh non, je ne crois pas en dieu) est sublime à écouter (Till Bröner, Four Play, Sergio Mendes, Stevie Wonder). La musique alternative n'est pas mal non plus (primal scream, the youg knives, razorlight).
Puis à 23h il y a une pub pour notre escale, Bonaire. Ensuite, ça repart sur les statistiques de notre vol, et je me rends compte que pour faire 500 km, il faut 40mn en avion, contre 40h en camion-citerne sur la plus mauvaise route du Pérou! Puis il y a vidéo-gag, des films (X-men, moins nul que prévu, et 16 Blocks joué par Bruce Willis très en forme!), puis mister bean (il ressemble vraiment à mon petit cousin, et ce n'est pas flatteur!). Je n'arrive pas à dormir(faut dire qu'il fait encore 32°C à 1h du mat' et que mes jambes me font mal) ; je suis donc réduite à regarder ça pour m'occuper… Et je suis surprise de constater que je ne comprends plus le doublage anglais; il me faut celui espagnol!! Ca devient grave, docteur, il faut que je puisse parler anglais quand même!

4 septembre, graisser la patte au poulet

Posté le 15.08.2007 par peru06
À midi, on cherche une gargotte pour locaux avec des prix abordables... or, dans la rue passante où on est, on ne trouve que ce resto bio. Et tous ces assortiments d'herbes et d'épices, de goûts... C'est mais vraiment im-monde! Horrible! Immangeable!
Et le clou du spectacle, c'est quand même quand Ludwig sent un truc dur sous sa cuillère. On se dit que c'est un tronçon de maïs, comme d'hab. Ah mais y a pas que ça, regardez qui voilà qui s'est noyé dans son bain?! Salut!

4 septembre, tableau artistique de peinture d'art

Posté le 15.08.2007 par peru06
Au détour d'un petit magasin à touristes, on remarque des peintures sublimes plutôt abstraites à côté de formidables croûtes niaiseuses avec des fleurs trop jaunes et un ciel trop bleu. Malheureusement, le vendeur était l'auteur des secondes. Et il nous raconte sa life, comment il est possible pour un homme de croire possible de se faire de l'argent en commettant de telles abominations...
Il n'empêche, on reste à regarder les autres toiles!

4 septembre, ballade à Lima

Posté le 15.08.2007 par peru06
Je rêve de poursuite jusqu'au bout du monde; je suis cachée dans la campagne car promise à un Roi que je ne veux pas épouser, mais ils me retrouvent même déguisée. Puis avec un groupe de personnes dont une amie de mes études (Lisa), on veut transporter des peintures pour s'évader, on discute d'une fête simulée au téléphone (comme dans le film Bandidas, qu'il y avait dans le bus de Lima). En fait je ne rêve plus vraiment de la France, mais je pense à ce que j'ai à y construire, la conception du futur revient; le départ est déjà demain! J'ai pas envie de partir. Mais en fait, ça ne me semble pas si dramatique. Je ne sais pas.

Tous sont partis bosser, seule reste la femme de ménage qui chante toute seule dans la maison et nous prépare un pti-déj! Dans les toilettes, j'ai la mauvaise surprise de tomber sur un journal récent avec à la Une les attentats à l'explosif liquide dans Londres. Car l'article suivant traite du renforcement de la sécurité dans les aéroports européens, tout particulièrement sur l'arrivée de vols transatlantiques! Youkii!
On est de grosses loques. À 11h30, on va faire un tour acheter de l'artisanat et des cadeaux, et on mange un cebiche (plat typique de poisson et crustacés crus marinés dans du piment et du jus de citron)…. Qui m'ARRACHE LA GUEULE mais quelque chose d'énorme! En feu! Je peux plus en manger une seule miette, je pleure, je suis rouge!
Après tant d'émotions, on se ballade dans le quartier sécurisé de Miraflores, où nombre de gardes privés circulent, où on voit pour la première fois quelques femmes au volant, moins de klaxon intempestif. C'est plus propre et occidental.
À 15h30 on va voir les ruines de Huaca Pucllana, tout gris et en restauration, semblant factice comme beaucoup d'autres ruines.
Puis on rentre à la maison. Le petit ami d'Emiko est vraiment laid et odieux, gros richou prétentieux. On va voir Percy, qui serait malade à cause du cholestérol. On discute et il nous dit combien les argentins sont moqués en Amérique du Sud (arrogants car plus riches, modèle télévisuel et économique jusqu'à la crise), comme les arequipenos au Pérou (qui réclamaient une République indépendante). Intéressant, yo no le sabia.
On se couche avec un nœud au ventre en pensant à demain.

3 septembre, tombes de routiers?

Posté le 15.08.2007 par peru06
À plusieurs reprises, on voit sur les routes du Pérou ces cimetières insolites. Au milieu d'un champ désert et isolé, juste bordé d'une route caillouteuse, on trouve des croix et des niches mortuaires... Un peu trop pour représenter les accidentés de la piste. Alors le mètre carré est devenue trop cher pour les morts. Faut dire qu'ils n'ont plus de poches, donc plus rien dedans non plus. Logique.

3 septembre, enterrement à la porte

Posté le 14.08.2007 par peru06
J'arrive sur la place pour attendre mon partenaire de voyage, et j'entends des musiques et flons-flons pompeux. Je me retourne pour observer un cortège de musiciens et de marcheurs derrière qui avancent lentement, bercé par les airs des cuivres. Intriguée, je demande à une femme à côté si c'est une fête. Elle agrandit les yeux tristement, partagée entre la colère outragée et la douleur de la compassion; "c'est un enterrement". Elle le dit tout bas, comme si un connard sur son nuage allait lui reprocher de dire ce qui est. Enfin.
Quoi qu'il en soit, le cortège se poursuit et je distingue effectivement le cercueil porté par quatre types en polo. C'est qu'il y a du monde, en plus, ça doit être un type connu. On aperçoit les gens en deuil, la file de personnes défilant en silence (enfin on sait pas, la musique couvre tout).
Et le plus comique, c'est quand ils arrivent à la porte de l'église. Ils frappent, toc toc. Rien. Ils refrappent. Toujours rien. Alors ils attendent devant la porte, ça s'agite hein peu, la musique s'arrête. Hésitation, indécision, incrédulité. Mais non, jésus boude! Au bout de quelques minutes, le cortège se fait une raison et reprend ses trompettes, ses flons-flons, le cercueil sous le bras, et ils s'en retournent par où ils sont venus!! Bizarre, ils rejouent pas la musique, cette fois!!
Évidemment, ils savaient pas que les voies du seigneur sont impénétrables...

3 septembre, laguna de Moron et départ pour Lima

Posté le 14.08.2007 par peru06
Je n'arrive pas à dormir pendant la nuit, si fait que je m'abaisse à regarder la Momie faute de mieux vers 4h du matin, … et c'est vraiment trop trop nul! Je pensais pas à ce point!
Je petit-déjeune de pain et de caramels cherchés au bout de la rue, et je discute avec cet ambulante de chaque matin ainsi que son client, un autre prof d'histoire, noir, qui connaît le 1° m'ayant adressé la parole l'avant-veille. Celui de ce matin travaille à la Municipalidad, mais à 40 ans il n'est jamais sorti à plus d'une demi-heure d'ici!
Puis je vais sur internet et ouf! KLM a répondu, mon retour est confirmé! Il faudrait que je puisse avertir Anna pour qu'elle le fasse aussi, je l'imagine bien coincée à l'aéroport tiens… En attendant Ludwig, je me balade un peu dans les rues aux maisons colorées, et je fais une petite rencontre sympathique; un cadavre, immobile, raide et jaunâtre. Il a la main encore crispée en l'air et la tête sur le trottoir, les yeux grands ouverts. Oups, pardon monsieur, je passe à côté !

Puis Ludwig arrive et on va voir le guide qui m'avait conseillée cette laguna de Moron. Il nous emmène dare-dare sur le marché, et en passant entre les cadavres de poulets et les sacs de graine, on arrive jusqu'à une rue pleine de plumes et fruits pourris où attendent tous les transports des locaux venant vendre leurs denrées; divers combis et colectivos, taxis pour plusieurs. On monte donc à 12 adultes dans une voiture où 5 personnes seraient serrées. On brinquebale comme ça jusqu'à un village reculé plein de chèvres. Tous descendent. On reste comme des cons, et ça doit se voir; le chauffard (euh, feur, chauffeur), nous propose de nous avancer dans le désert pour le double du prix de la course. On ne sait pas si c'est loin et sous ce soleil brûlant, on ne voudrait pas fondre avant d'atteindre l'oasis. On fait baisser le prix avant et on accepte. Encore une manière de se faire avoir! Après 5 mn de route sur une piste droite et tracée, il s'arrête. On se dit, il a envie de pisser ou un truc. Non. Non seulement il ne s'excuse pas de s'arrêter, mais il nous réclame ses sous! On gueule, lui reproche qu'il a caché que c'était si court, que c'est ridicule… Il répond, tout penaud, que c'est du sable par terre donc que c'est pas bon pour la voiture… Du sable! On aura tout entendu! Je refuse de payer, mais Ludwig veut donner la moitié de ce que ce con demande. Je partagerai donc avec lui plus tard, ça se fait pas. Surtout qu'en soit, c'est sur le principe de se faire avoir qu'on se fâche, car ce ne sont que 8 soles. À deux, ça fait 1 euro chacun!

Ensuite, on s'enfonce dans des marais à découverts, étant obligés de faire des détours, de sauter par-dessus des flaques voire d'y plonger les pieds (malgré toutes les bébêtes qui doivent croupir là-dedans, mais on est bien obligés!).
Puis on s'enfonce dans le désert, infini et brûlant. Quand on croise des ossements perdus dans le sable et qu'on grimpe une dune, assommé par la chaleur, espérant voir quelque ondée d'eau fraîche dans l'air qui tremble, … on se croirait dans Blueberry! Ou un sergia Leone!
Enfin, c'est en s'avançant plus dans ces éternelles buttes de sable qu'on finit par atteindre un long lac vierge bordé de palmiers et de roseaux… Cet oasis insolite est aussi tranquille qu'impressionnant, même si Ludwig le trouve un peu ringard face à celui de Huacachina. Plantés dans le sable, des casiers de pêcheurs reliés par des haillons formant une corde. De loin, on voit un gamin à cheval qui fuit du lac sur l'autre rive, tel un fantôme. On s'arrête à l'ombre d'un arbre, mais on se pose sur une fourmilière! Dans les branches volètent de petits oiseaux rouge pétants, ou d'autres blancs et noirs, plus gracieux, qui pépient.
Puis on revient par l'autre rive, se rafraîchissant dans le ruisseau qui découle de l'oasis.
On marche le long de la piste qu'avait prise le taxi, c'est à dire une allée transformée en déchetterie parsemée de restes d'un cadavre de chien à demi-brûlé et décomposé. Très sympathique.
Dans le village, on attend le départ du combi (c'est dans une demi-heure toutes les demi-heures, idée très péruvienne). On va s'acheter plusieurs bouteilles de coca dans une petite boutique où on nous regarde comme des extra-terrestres. On a l'impression que c'est la première fois qu'ils voient des touristes seuls ici! Enfin j'espère, parce que si c'est parce que j'ai de la salade sur les dents… Enfin peut-être pas, car des types me sifflent puis se cachent, à plusieurs reprises. Des gamins saoûlants, quoi, comme partout.

De retour à Pisco, je reprends mes affaires (et la femme de l'hôtel me prend un supplément pour avoir laissé mes bagages dans la chambre… grrr! Pas bien, comme adieu!). Et quand j'achète mon billet, la vendeuse de chocolats typiques qui rôde sur la place tout le temps me dit "Sinorita, vous allez partir et ça fait 3 jours que je vous propose des chocolats! Au moins pour le souvenir, achetez-m'en un, je vous offre l'autre!". J'obtempère, de bonne guerre. En plus, c'est bon!
Puis on prend le bus de 17h30 pour Lima. Finalement Ludwig vient avec moi; c'est trop juste en temps pour revoir un ami et il n'a plus de sous pour loger à l'hôtel alors que j'ai un contact d'hospitalityclub.
Dans le bus, il y a un film catastrophe américain sur des industries pharmaceutiques manipulant des islamistes pour répandre un virus mortel dont eux seuls auraient l'antidote. Mouais.

On téléphone à Percy et Emiko d'Hospitality une fois arrivés au terminal de Lima. Ils sont très surpris, mais ils viennent nous chercher en voiture pendant qu'on regarde des clips devant une pâtisserie.
Ils nous croient plus vieux, à notre âge ça flatte encore!
Ils nous font goûter un citron sucré spécial de Lima dans leur petite cuisine, nous assurent que la femme de ménage, qui est très "mama", prendra soin de nous demain quand tout le monde travaillera. La mère, prof, et la sœur sont sympas. Leur nom et leur peau sont dues au grand-père japonais, une sorte de dieu qui a pourtant laissé tomber tout le monde apparemment...
Le petit roquet de chien aux yeux globuleux mange crues des grenades, pêches et clémentines!
Je dors dans le lit, Ludwig insiste pour se contenter du sac de couchage sur le parquet. On va pas insister!

2 septembre, surf sur caillasses

Posté le 14.08.2007 par peru06
Après avoir contourné le flanc mortuaire des montagnes, on continue sur le chemin en se disant "bon, au prochain tournant on devrait avoir une vue d'ensemble et voir ce foutu pont inca dont ils parlent dans le guide"... Et puis non. Après s'être dit ça quatre fois, on s'est dit qu'il a du être détruit. Ou alors, au loin on voit bien un semblant de construction de pierre dans une crevasse... Mais on va pas faire tous ces kilomètres pour trois pierres cassées. Alors on se donne une dernière chance pour la fameuse "vue d'ensemble", et on grimpe sur la montagne. Un peu acrobatique, mais ça se fait bien et ça défoule.
Et en haut, surprise... Que des bouts de poteries incas non rentables mais déjà magnifiques; encolures de vases, vasques, pots... Tout ça orné de peintures plus ou moins sophistiquées; graphismes en escaliers, figures mythiques, ... On est éberlués devant ces cailloux! On en récupère plein dans nos sacs, on reste assis dans la poussière (en demandant pardon au squelette de s'assoir sur lui par mégarde). MAgique comme instant. On découvre toujours de plus jolies choses entre les charniers.
Et puis vient le temps de la descente; on a voulu couper. Alors voilà. J'ai failli me prendre trois rochers sur la tronche que Ludwig fait rouler derrière. Je ne compte pas le nombre de fois où j'ai manqué de me casser la gueule. Et c'était haut, on a du mettre une demi-heure à descendre ça. À la fin, j'ai pris une photo de ce qu'il restait de ma main, c'était artistique; c'est bien ce qu'on appelle un "écorché"! Les lambeaux de peau morte flottaient follement dans le vent, comme des cheveux ou un drapeau pirate, plutôt.

2 septembre, jour de sortie pour les ossements

Posté le 14.08.2007 par peru06
Quand on continue le "chemin de l'Inca" après son palais, on découvre des ronds de pierre marquant l'emplacement deces petites pièces carrées et souterraines, contenant mystérieusement les dignes défunts avec leurs slips incas et leurs vases peints.
Et un peu plus loin, c'est la débauche. Des visiteurs par trop zélés ont tout cassé la porte en y frappant, z'ont viré les pierres et se sont frités avec les dignes défunts. Résultat, tous les vases sont partis dans les poches de quelques collectionneurs milliardaires et les ex-propriétaires s'en sont trouvés effondrés. Je dirais même plus, bouleversés. Au niveau de l'ordre osseux, je parle.
Ci-contre au premier plan, vous avez deux tibias et une mâchoire. À l'entrée d'une des tombes, il y avait un crâne posé sur deux fémurs en croix! Des pirates des terres sont passés... et ils ont ravagé presque toutes les tombes de ce pan de la montagne. Au moins pendant un quart d'heure, on marche devant ces tristes spectacles. Au début on s'arrête, pleins de surprise, et puis après on leur dit bonjour en passant.
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