On a un pti-déj avec de l'avocat et pain-beurre, c'est trop bon! Mis à part ça, on ne fait rien de la matinée avant d'aller à l'aéroport, si ce n'est regarder un film avec Harisson Ford, écroulés par terre comme des larves.
Puis on visite quand même un parc sympa, le "parc de l'amitié" hispano-péruvienne (devant lequel patrouillent des gardes privés!). Il y a une arche offerte par le roi d'Espagne en 1924 pour l'anniversaire de l'indépendance péruvienne, détruite en 1939 (accès de colère anti-occidentale), et reconstruite en 2001. Il y a encore un centre culturel avec des livres consultables gratuitement (dont un très beau sur les légendes d'ici), un petit train rénové, des jeux pour enfant, de la musique.
Quand on sort dans la ville, on remarque plein de cabinets dentaires qui semblent fonctionner comme des instituts de beauté! Autre truc incongru, on voit le poster d'un père noël péruvien avec son gros costume et les enfants péruviens avec leur chocolat chaud. Ce qu'oublie de préciser le poster, c'est qu'au Pérou il fait 35°C à Noël!!
Puis on revient prendre nos affaires vers 16h à la maison, et ce sont les adieux avec la femme de ménage, et même avec la voisine de la fenêtre qui nous fait un "pssst" de la fenêtre! On ne l'a jamais vue, mais elle a du nous épier depuis le début!
En taxi (on a de trop gros sacs pour aller à l'aéroport en combi), on se fait aborder par les vendeurs aux feux rouges. On croise un hôpital militaire glauque ainsi que de beaux bâtiments coloniaux… à louer! J'aurais pas pensé à cette utilisation!
À 17h30 on est à l'aéroport où rodent les chiens errants. En allant prendre mon billet, je discute avec un péruvien et sa petite-fille américaine, une vraie peste pourrie gâtée. Ca frappe encore plus quand on est dans un pays comme ça.
Puis Ludwig et moi discutons avec un breton qui a tout lâché après un bac S et 6 mois d'école d'hôtellerie pour aller au Pérou avec toutes ses économies. Tout ça en prévenant ses parents 2 jours avant le départ! Il a monté un bar/crêperie/hôtel à 15 dollars la chambre (c'est E-NORME pour le pays!) dans le nord, sur ce qu'il appelle l'"ibiza péruvienne", et ça marche du tonnerre avec son associé argentin! (il s'est fâché avec son autre associé et dit que c'est parce qu'il était péruvien…). Maintenant, ça fait trois jours qu'il campe (dangereusement) près de l'aéroport, en short tee-shirt et tongs. Il attend de choper une place dégriffée pour cause de désistement dans un avion qui irait vers Amsterdam, et de là, il voudrait aller en Bretagne… en stop! Pour financer un toit de temps en temps, il a juste son vieux sac à dos de toile usée rempli de babioles à vendre, qu'il a faites (chapeaux en fibre de coco…) ou que des copains lui ont passées (colliers, bijoux…). Et il a 19 ans! Y a de ces mecs en voyage, même Anna fait petite fille sage à côté de cet aventurier!
Quand on passe dans le terminal, le breton ne peut plus passer; il n'y a pas de d'annulation de billet. Ludwig et moi allons fumer une clope dans le bar où tout est exactement 10 fois plus cher (eau minérale à10 soles, poulet frites à 40s… !) On a négocié pour ne rien consommer, mais ce fut rude! Dans les boutiques suivantes, je prends nougat et toblerone comme dîner, je prends aussi une bague certifiée de bonne qualité qui se cassera toute seule dans l'avion. Je lis un peu le journal, notamment un article sur l'assassinat de deux journalistes péruviens.
Puis l'embarquement commence. Adieux sans fanfare avec Ludwig, c'était un bout de chemin commun bien agréable mais sans suite. Il ne répondra que brièvement à mon mail trois mois après, puis plus rien. Pas grave, "vis ta vie" comme dirait ma collègue de travail.
On rentre donc dans l'avion, et passer ce cap me fait réaliser que ce retour ne me fait pas peur. On s'installe comme il y a maintenant deux mois sauf que là, la voix de l'hôtesse expliquant calmement comment essayer de sauver sa vie dans un avion en flammes m'évoque un peu une péripatéticienne en plein travail! Autre chose qui change d'il y a deux mois, c'est que ma lingette chaude, distribuée avant le repas, devient aussitôt noire!
Mon voisin de 15 ans, qui espérait que je lui donne plus que son âge alors que c'était l'inverse, est comme un animal qui renifle tout, touche à tout comme si il avait perdu quelque chose. Mais en plus il est prétentieux! Comme il va faire des études à l'étranger, il se prend pour quelqu'un d'important. Il est saoûlant et peu compréhensible, et je lui fais comprendre en me tournant et en me collant les écouteurs aux oreilles.
Que c'est bon de la musique classique! (concerto de Bach pour violon et haut-bois, violoniste Hylary Hahn). Ce morceau de piano est génial. Et le jazz, mon dieu ce jazz (euh non, je ne crois pas en dieu) est sublime à écouter (Till Bröner, Four Play, Sergio Mendes, Stevie Wonder). La musique alternative n'est pas mal non plus (primal scream, the youg knives, razorlight).
Puis à 23h il y a une pub pour notre escale, Bonaire. Ensuite, ça repart sur les statistiques de notre vol, et je me rends compte que pour faire 500 km, il faut 40mn en avion, contre 40h en camion-citerne sur la plus mauvaise route du Pérou! Puis il y a vidéo-gag, des films (X-men, moins nul que prévu, et 16 Blocks joué par Bruce Willis très en forme!), puis mister bean (il ressemble vraiment à mon petit cousin, et ce n'est pas flatteur!). Je n'arrive pas à dormir(faut dire qu'il fait encore 32°C à 1h du mat' et que mes jambes me font mal) ; je suis donc réduite à regarder ça pour m'occuper… Et je suis surprise de constater que je ne comprends plus le doublage anglais; il me faut celui espagnol!! Ca devient grave, docteur, il faut que je puisse parler anglais quand même!