Créer un blog Présentation

Nom du blog :
peru06
Description du blog :
Histoire et images d'un périple latino-américain vécu de l'intérieur
Catégorie :
Blog Voyage
Date de création :
01.04.2007
Dernière mise à jour :
11.08.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· De Dol de Bretagne à Cuzco, passant par Lima et Ayacucho (14)
· De la jungle au lac Titicaca, transports compris! (14)
· De La Paz à Arequipa en passant par Arica (ça jette mais c'est court) (8)
· Expérience d'un mois au sein d'une ONG dans le village de Charcana, Cotahuasi (25)
· La côte sud du Pérou en (presque) solitaire et arrivée en France (16)
· Photos (143)
· Qroquis (la faute, c'est exprès!) (78)

Navigation

Accueil
Livre d'or peru06
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· 11 août, Contes courts concourant au concours (com
· 10 août, qutodien de Chusakay (bis)
· 26 juillet, bus jusqu'à Puno
· 14 août, cour d'école
· 24 août, la plus grande chute au monde
· 10 petit déjeuner
· 8 août, pêche à Chusakay
· 16 août, bancs d'école et tâches de peinture
· 17 août, école, web et anniversaire
· 23 juillet, découverte de la jungle

Statistiques



Recherche personnalisée

Derniers commentaires


09.08.2008
triple post et déplacé en plus
08.08.2008

08.08.2008

08.08.2008
explications
08.03.2008
vachement interessant
08.03.2008
nul
21.01.2008
vache cosmique?
12.01.2008
Moi aussi je vais partir avec AEDES
28.12.2007
Ojala que volvemos pronto!!
21.12.2007
:-)
12.08.2007
buenas!
05.08.2007
merci
04.08.2007
waouh
04.08.2007
holaaaaa!!
03.08.2007
saludos desde barcelona
03.08.2007
.
27.06.2007
RSS

Autres blogs à visiter :

· tajerouine
· marjoboliviana
· josolivecostarica
· choupette83
· benline
· alicia67
· eleonoreliverpool
· lifeisbeautiful
· stagegdansk
· nonopinpin

13 août, ste Marguerite ou le martyr de la vache

13 août, ste Marguerite ou le martyr de la vache

Posté le 07.08.2007 par peru06
Je rêve de retrouvailles avec mes collègues à l'hospice, où j'ai travaillé un mois plus tôt, dans lequel je revois aussi ma meilleure amie de lycée… on va pas chercher à comprendre, si ce n'est peut-être qu'ils me manquent.

Ce matin est très nuageux, ce qui n'arrange pas l'irritation de mon nez et de ma gorge; cette fois c'est officiel, j'ai bien la crève! Camille me révèle d'autres problèmes avec son ex et sa meilleure amie, et j'ai l'impression que ça renforce notre amitié naissante. On tripe ensemble sur la chanson reprise dans Moulin rouge "there was a boy", je ne sais même plus pourquoi d'ailleurs, mais ça nous fait rire (on est un peu neuneu sur les bords!). Mary est encore au téléphone, ça doit lui coûter une fortune, surtout que ça coupe souvent donc il faut rappeler!
Domitila a plein de petits conseils et connaissances dont elle nous fait part. Et ma foi, jamais dicton n'aura été mieux appliqué que celui-ci; "ici, on mange plus qu'on ne travaille"! C'est ainsi qu'il est, paraît-il, vital qu'on goûte à la spécialité locale, à savoir le cochon d'Inde grillé (attention aux âmes sensibles!). On nous promet aussi qu'en avril, il est habituel de manger sucré, à savoir des patates douces et des fruits cuits avec de la cannelle! Pour l'instant, on doit croire sur parole et se contenter du sucre qu'il y a dans les éternels "matecitos". On goûte ainsi au mate de cèdre, qui a plus d'arôme (sincèrement je trouve ça dégueulasse) et est plus efficace que l'herbe amère contre les maux d'estomac. L'eucalyptus serait le plus indiqué contre la toux. Domitila nous raconte qu'elle a vécu à Arequipa, et que comme beaucoup dans le village, elle a de la famille à Lima au cas où elle veut partir. Mais elle est revenue à Charcana à cause de la maladie de son mari, Don Rufino. Cet ancien instituteur, aussi discret qu'adorable, est un peu une sorte de sage. Je me suis même demandé si c'était pas une sorte de curé, mais en fait non; le curé n'est pas un charcanino, il doit être mandé à l'avance de Cotahuasi quand on en a besoin (fêtes, mariages, baptêmes…). Ce qui fait que ce que l'église de Charcana présente le plus à ses fidèles, ce sont ses portes fermées et son mur fendillé. Ce village serait en effet le plus isolé du Pérou, selon ce que racontent non sans orgueil les charcaninos, toujours fiers d'être "le plus" quelque chose du pérou, d'Amérique latine ou du monde.
Pour mieux aider ce village "le plus" isolé du pays, on réécrit donc les contes pour en faire un inventaire propre. Comme il y a du soleil, on court vers l'ordinateur pour créer la boîte mail… ça rame, ça rame, il faut des minutes entières pour passer les étapes de la création. Et, au dernier stade de validation, les nuages ont raison de notre électricité solaire; ce sera pour une autre fois!
On a pour projet de tondre les moutons, traire les vaches, accrocher les rubans aux oreilles des lamas, égorger un cochon, et aider Griselda à cuisiner. En attendant que Luz nous y conduise, on apprend un peu de qechua avec les gamins encore là; paralincama; à demain, tuparacama; on se revoit.

Enfin, on se dirige vers la rue principale où il y a la FIESTA DE LA VACA, c'est à dire le marquage des vaches. Lorsqu'on arrive près de l'enclos de pierre d'où s'élèvent déjà cris et fumées, les premiers veaux sortent en beuglant, la gueule éclaboussée de sang et un grand trou rouge dans une oreille. En plus, essayez voir de percer une oreille avec un fer chauffé au rouge, vous verrez que ça peut facilement arracher tout le membre si ça bouge trop!
À l'intérieur, tout est mouillé par les excréments des vaches terrorisées. Les gens et y compris les enfants boivent jusqu'à être bien bourrés de la chicha très forte, un vin par ailleurs moins bon qu'à Chusakay (il pique plus) ainsi que de l'eau de vie de canne dont Luz se méfie. Une femme édentée ressemblant à une sorcière de contes pour enfants gémit un chant laconique en tapant continuellement sur un petit tambour. Les vaches se battent et s'affolent, beuglant de frayeur au milieu des odeurs de feu et de chair grillée.
Quelques hommes aux vêtements déchirés, maculés de boue et de merde, choisissent alors une vache. Un la saisit au lasso et d'autres l'attrapent par la queue. Alors qu'elle pisse de peur et beugle avec les yeux révulsés, ils la maintiennent pour lui lier les pattes et ainsi la faire tomber, lourdement, comme une tour qui s'écroule. En maintenant la queue entre les pattes arrières et la bouche entre les multiples mains caleuses, ils disposent sur son ventre les feuilles de coca. Alors une foule d'hommes et d'enfants accourt pour se servir au passage, puis celui au lasso place les feuilles dans la bouche baveuse de la vache, y verse encore du vin pour l'anesthésier et la bénir au nom de la Pachamama. Puis, toujours sur le rythme du tambour et des cris des hommes de main, un autre arrive avec le fer chauffé au rouge, tous se préparent, et il marque la vache dans l'élan d'un même cri et d'un jet de fumée; la blessure est aussitôt aspergée de chicha et de liqueur pour la désinfecter et la baptiser en même temps. C'est ainsi qu'ils nous demandent à chaque fois un nom, sont donc plus fantasques les uns que les autres; Catalina, Francesca, Ollanta, Toledo, Lolita, Alan, Bush... Puis ils refroidissent le fer dans le sol détrempé mêlé aux bouses, et ils ornent l'instrument de fleurs!! Peut-être que ça fait moins mal?! Après ils la relâchent, coupent un bout de la queue pour compter ensuite, ils crient tous très fort et le meneur tourne avec son lasso en fouettant ceux qui traînent, et ils reboivent. La fumée pique les yeux, ils ont tous la joue ronde d'un boule de coca. Entre deux vaches, l'un fait le tour de tout le monde pour qu'on souffle 3 fois sur l'offrande rituelle (feuilles de maïs, pain et de graisse de lama). Deux petits s'essaient au lasso, un s'emmêle dedans et tombe dans la bouse. Sympa l'apprentissage. L'un de ces hommes rudes vient timidement me voir pour demander comment on dit "amor" dans ma langue. Je veux lui répondre "niaiserie", mais quand il voit que je suis française, il me parle de Thierry Henry qui aurait un jeu trop perso... Un moment, tous se tournent vers moi car ils me grillent en train de dessiner… Oups! Salut! OK, je range!

Ensuite, alors qu'ils raccompagnent les vaches aux champs, Dani nous emmène jouer avec lui et son ami Guillermo nous rejoint. On joue d'abord aux billes avec de petites graines noires (quand on tape dans une autre direct, on dit "seco" ou "se lo come"). Puis on joue à la toupie avec des glands.
Puis on va jouer au volley sur la place en pariant une tournée de vin. Les flics remplissent leur principale activité du séjour à Charcana, à savoir arbitrer le match, bien assis sur leurs chaises. Ensuite, des enfants viennent pour la énième fois regarder mon carnet où ils se reconnaissent eux et leurs maisons de Chusakay. Ils demandent quand a lieu le concours de chansons. Gaida, qui est décidément la plus riche du village, nous offre des habas au goût d'amande qu'on croque en ayant chaque fois l'impression de se casser les dents!
Le soir, on va voir la TV marchant aussi à la batterie solaire; c'est l'événement, on a accumulé assez d'énergie. La petite salle sombre et terreuse est pleine à craquer devant le mini-poste en branle sur le bois. Les enfants sont vautrés par terre, les uns par-dessus les autres, et les adultes se tiennent debout dans le fond de la salle ou acculés devant la porte. Ca commence par "la captura del siglo", à savoir un film retraçant l'emprisonnement des chefs du sentier lumineux à travers les yeux de deux journalistes, l'un péruvien craignant les senderistes, l'autre américaine croyant à leur idéal. Mais, maheureusement, Luz insiste pour qu'on voit la vidéo d'un blaireau de limeno qui a filmé le défilé du 30 juillet. On se fait chier! Il y a des plans de paysages durant de longues minutes, en plus l'image est mauvaise et les commentaires niais au possible (il raconte sa life). Quand survient enfin un problème d'électricité qui coupe le film, je soupire si fort de soulagement que Mary et moi éclatons de rire sans plus pouvoir s'arrêter; on nous regarde comme des bêtes bizarres, et ça renforce notre fou rire.
Dehors, le soleil ne chauffe plus depuis longtemps et l'altitude nous témoigne sa présence; en clair, on crève de froid!! On court pour pouvoir rentrer dans notre chambre, c'est à dire à l'autre bout du village (qui monte, en plus). Une fois arrivées en avance, Camille et moi nous posons sur une marche de pierre et admirons le ciel tant étoilé. Nous rions toutes deux de découvrir une constellation en forme de cœur… Amour pour Charcana.

Pour le dîner, on a une soupe de fromage et de blé ainsi qu'un mate d'eucalyptus (dont on va directement chercher les feuilles dehors, sans même les laver). L'odeur me dégage déjà les sinus, il faut dire que c'est à la base de nombreux médicaments. On entend juste le silence et les crépitements du feu. On a des discussions politiques sur les assassinats barbares du Sentier Lumineux.
Comme on a froid, on rejoint Domitila sur les pierres recouvertes de mouton au coin du feu. Mmmmh… On se sent bien chez elle, comme à la maison de Griselda. On se sent intégrés, l'ambiance est délicieuse et elle est comme une mère discrète et bienveillante.
Puis on va inaugurer la sombre et froide (bien que confortable) chambre de Domitila, dont les murs sont entièrement couverts de diplômes encadrés (au nom de Don Rufino), de calendriers de Charcana, de photos du Christ ainsi que des éternelles offrandes (casseroles, laine de lama, bouteilles vides et pleines, cœurs, rosaires, crânes d'animaux).



--


:: Poster un commentaire

Votre nom : *
Votre adresse email : *
Titre du commentaire : *
Votre commentaire : *
Votre centerblog : http://.centerblog.net

Code de validation

CAPTCHA Image

Pour valider votre commentaire, vous devez recopier ci-dessous le chiffre que vous lisez sur l'image à gauche :

 

:: Les commentaires des internautes

vache cosmique?
Posté par haijin le 12.01.2008
très rigolo ton récit, et inquiétant aussi (je me sens vache tout à coup...)
ça donne envie de voir tes dessins, sont-ils quelque part dans ce blog? je vais chercher
te rappelles-tu du symbole dont étaient marquées les vaches? j'aimerais savoir... car je suis allé là-bas il y a quelques années et je cherche une constellation indienne où figurerait un animal à cornes !
tu peux jeter un oeil sur
ombredelacorne.canalblog.com (bien que ce ne soit que le début du récit)
merci de me répondre

vachement interessant
Posté par peru06 le 08.03.2008
le symbole de vache, je vais refouiller tout ca, comme ca je dirai deux lettres stylisees (initiales de la proprio, c moins poetique) mais en guise de vache, je suis plus dedan en ce moment; l'Inde! je v chercher!
Lien vers mon blog


Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus