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Nom du blog :
peru06
Description du blog :
Histoire et images d'un périple latino-américain vécu de l'intérieur
Catégorie :
Blog Voyage
Date de création :
01.04.2007
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11.08.2008
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6 août, de Cotahuasi à Tomepampa

6 août, de Cotahuasi à Tomepampa

Posté le 08.07.2007 par peru06
Après une nuit sans rêve, je me réveille à 9h avec les coups de marteau dans la cour et la lumière du jour. Je me lave les mains… Le jus noir qui en découle est impressionnant!
On s'aperçoit que l'importante activité au Cotahuasi n'est pas la culture de l'"anis" (comme l'avait compris Anna) mais du "maïs" ! C'est un peu plus logique ! Et dire qu'on a tripé une nuit durant là-dessus!
On petit-déjeune avec du maïs blanc et du fromage, sans rien savoir de plus sur notre avenir dans les prochaines heures. Quand, enfin, notre responsable dont on n'a jamais vu que le nom sur un papier (Marcela) arrive enfin! Je me charge de présenter les représailles du groupe quant à l'organisation jusqu'ici, mais elle nous explique pourquoi elle ne pouvait pas être là à Arequipa, et nous rassure en nous donnant le programme; ça fait quelques responsabilités, et ça a l'air drôlement intéressant! (raviver l'identité culturelle locale par des concours de contes, rénover des panneaux touristiques, engager une réflexion entre l'homme et la nature, décrire la gastronomie locale, faire un compte-rendu du tout devant la municipalité…). Je suis avec les espagnols et Camille dans un village à 8h de cheval (youhou!), tandis qu'Anna est avec Rachaël, Katel et David, le français qui n'arrivera que le lendemain parce qu'il a un patron ou un portefeuille sur les talons!
Vers 11h, on attend le bus pour aller théoriquement aux eaux thermales. Le village est charmant, désert et typique. Ânes et enfants circulent, on admire les vieux et beaux visages, posés sur les bancs, les murs colorés semblent plein d'histoires, les montagnes sont somptueuses… Attendre ne m'est plus très important. On voit aussi passer un combi chargé jusque sur le toit! Finalement, on n'a pas le temps d'aller aux eaux thermales, et les filles montent dans un combi en direction de leur village. Se séparer d'avec Anna a presque été naturel, évident, car on commençait une autre histoire.
On attend à Cotahuasi, où je partage mon poulet-frites avec un petit chat tout mimi. Marcela a une moue de dégoût et m'avertit qu'il a sûrement des tiques. Bon, d'accord, ici on met son affectif de côté... Apprenant qu'on ne peut partir que le lendemain matin pour notre village (Charcana), on attend l'ouverture d'un hôtel dans la poussière pendant un bon bout de temps, allongés sur nos sacs et regardant nos bouteilles d'eau se vider. Puis, une fois les bagages posés, Camille et moi allons faire un tour dans la "ville" (c'est à dire le village le plus important du coin). En allant vers un petit point de vue à l'extérieur, on découvre les paysages somptueux creusés de vallées, auréolés du coucher de soleil, baignés du souffle du vent.... Ce petit village semble uniquement peuplé de chiens, d'enfants joueurs et d'adultes tranquillement assis. La poussière vole, la rumeur est assoupie. Une chose les préoccupe; ils parlent du match de foot entre villages, 1-0 actuellement (je ne sais pas pour qui!). On se promène plus loin, entre les carcasses d'un bus et le terrain de foot. Nous chantons Manu Chao en regardant la lune déjà visible en fin d'après-midi. Quand on arrive sur la place, on se fait siffler par un type complètement bourré qui finit par nous aborder; "disculpa mama, estoy borracho!". On se fait remarquer et siffler par d'autres, mais sans méchanceté. Faut dire qu'ici, les touristes semblent loin d'être habituels.
Alors que le froid tombe, je vais chercher un pull et on va boire un mate de coca, avec de vrais feuilles (qu'on fait sécher et garde précieusement). Puis on se rejoint avec les espagnols, et deux enfants nous montrent le chemin pour aller jusqu'à l'auberge. J'en prends une sur mes épaules; je ne sais pas trop pourquoi, mais ces gamins me fascinent et c'est plus facile de partager quelque chose avec eux en y allant direct (je vais pas prendre une big mama sur mes épaules!). On a un dîner encore bien gras et lourd, pendant lequel on est forcés d'admirer à la TV une sorte d'Alizée péruvienne de 15 ans qui ne sait que bouger du cul et chante faux (conseil; ne pas s'aventurer à écouter les paroles, c'est encore plus consternant). Les clients pleins de bière l'admirent car elle vient de Cotahuasi. OK, chacun ses poufs!
Quand on repart, la gamine que j'avais portée demande à Pedro de se baisser à son niveau, pour qu'elle lui susurre quelque chose à l'oreille. C'est trop mignon, on croirait une déclaration d'amour! En fait, le sens est tout autre et enlève de son charme; elle lui demandait comment on disait "papa" et "maman" en anglais. Quand on est touristes, on doit forcément être américains!
À l'hôtel, je prends ma première douche chaude depuis Aguas Calientes, c'est à dire il y a trois semaines! Shampooing, eau chaude et épilation… Le pire c'est que je n'en sentais (les autres sans doute que si!) le besoin, mais en tout cas ça fait quand même du bien!



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