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Nom du blog :
peru06
Description du blog :
Histoire et images d'un périple latino-américain vécu de l'intérieur
Catégorie :
Blog Voyage
Date de création :
01.04.2007
Dernière mise à jour :
11.08.2008
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1 août, dernier jour à La Paz

1 août, dernier jour à La Paz

Posté le 07.07.2007 par peru06
Je fais des cauchemars horribles et continuels de perte des travellers chèques. De 3h30 à 5h, je cherche à faire le moins de bruit possible en fouillant mon sac, prise par l'angoisse de ne plus du tout avoir d’argent… Je m'oblige à attendre le lendemain pour chercher, mais c'est horrible, je fouille, je ne peux pas dormir. Et en plus, j'ai faim !
À 6h30, après avoir retrouvé deux de mes quatre chèques, je vais voir l'aube qui se lève pour me détendre. La Paz s’éveille… J’observe les gamins qui descendent du lit à travers les fenêtres encrassées, les mères qui s'enveloppent de tissus avant de revêtir leurs éternelles robes, gilets et chapeaux. Les marchés émergent, on jette les fruits pourris dans le caniveau, écarte les bâches, étale les bananes. Les klaxons portatifs des vendeurs de café sonnent de manière incongrue.
Je descends pour avoir la réponse mail de mes parents, mais les cybercafés sont tous fermés, au secours! Je n'aurai pas le code pin de ma carte… Quand je rentre dans la chambre, je félicite la chance d’avoir un popa prévoyant qui m'a envoyé le code sur mon portable.
Anna est malade et a envie de vomir; Freddy et moi partons donc à la banque sans elle pour récupérer ma carte… On attend, évidemment. A l’accueil on me dit qu’il faut attendre tel employé qui peut retirer ma carte de la machine. Mais cet employé est peut-être en congé aujourd’hui. En fait, on ne sait pas où il est. Veuillez attendre, on vous préviendra. Oui d’accord OK bien sûr, je ne vous casserai la gueule que tout à l’heure alors… L’employé continue sans aucun complexe ses jeux par ordinateur. Puis je vois passer un employé en bras de chemise qui se dirige vers la saloperie de machine qui a avalé ma carte… Je le suis intensément du regard, il y va, il y reste un moment… et en sort une carte ! Je veux bondir de ma chaise mais je m’arrête au dernier moment ; il peut y avoir erreur, faut pas forcer les choses… Je le suis encore plus du regard quand il repart vers SON bureau avec MA carte, limite si mes yeux ne lui courent pas après. Et puis plus rien. Quelques minutes après, il revient, me la donne sans même me demander un justificatif, le code, une adresse… Bon bah on va pas insister, a tchao bonsoir ! C’est donc avec joie que je demande à retirer de l’argent au guichet (je ne veux pas retenter le distributeur !), mais il faut aller dans la banque d’à côté…Bon OK, c’est pas grave, on a le temps maintenant… J’arrive à une banque qui me dit qu’il faut aller dans encore une autre, qu’on finit par trouver, et là on nous ballade d’étage en étage jusqu’à trouver LA personne qui me dit d’accord, passez moi votre carte… Enfin… Je la lui donne, elle la met dans sa machine en demandant combien je veux, puis me la rend ;
« Désolée madame, votre banque refuse la transaction ». J’ai du devenir blanche, verte, rouge… Mais mon visage arc-en-ciel n’a pas pu défigurer la petite inscription sur l’ordinateur. Et oui, ces cons du crédit patate ne veulent pas que je survive au Pérou, ce n’est pas possible.
Enfin si ; je cours alors, désespérée, dans un bureau de change pour utiliser mes travellers chèques. Je suis persuadée qu’il va y avoir un problème, çane paraît plus possible que ça se passe bien… L'employée me dévisage suspicieusement, me demande de signer sur un brouillon pour comparer, une pièce d’identité, prend du temps pour demander à sa collègue de venir me jauger pour voir si c’est ressemblant… Pitié j’ai tué personne ! Et puis finalement mais ça marche! Ca marche! Elle me donne à contre-cœur les billets et le reçu. Je pousse jusqu’à lui demander des billets de moindre valeur, ce qu’elle fait, et quand je lui demande encore plus petits (je me fais plaisir, je me sens puissante, c’est con), elle se fait un plaisir de me refuser. Elle ne répond pas à mon au revoir, Ok à jamais pétasse !
Quand on rentre à la maison, vainqueurs épuisés, Anna est toujours malade et est aux petits soins de la famille. On ressort quand même pour manger des "saltenas" au poulet, où je ne loupe pas l’occasion de m'arracher la gueule au piment une fois de plus! Je me fais à chaque fois avoir !
À 13h, on va voir le musée des instruments… génial! Avec des guitares étranges sur carapace de tatou, de tortue et autres bestioles étranges. Des flûtes sur des tibias, des bâtons de pluie en graines, des saxos en assemblages de bois anguleux, des ébauches de guitare, des violons collés dos à dos et des guitares à cinq manches! Des sifflets par le pénis ou les tétons, des harpes naturelles… Et dehors, un panneau solaire qui sert à chauffer le riz, une amulette sur le toit pour éloigner les démons... Très pittoresque et on se sent enchantés !
Enfin, pour ma part, parcequ’il y a un autre enchantement dans l’air ; Freddy doit avoir le coup de foudre ; il est super collant avec Anna, et j'ai l'impression de les déranger. Quand il m’adresse la parole, je sursaute ; tiens, il sait que j’existe lui ? Enfin, Anna me demande de rester proche d’elle, parcequ’elle en a marre aussi, ça flatte un temps mais après c’est lourd ! On entre dans une petite rue colorée et bien tenue, on voit que c’est le lieu touristique du coin (même si il n’y a pas de touristes !). Mais les musées sont fermés, ou alors pas à notre goût.
On goûte à 5h avec un chocolat chaud, du pain et des mandarines. On jongle, fait des artesanias et aussi un grand nettoyage de sac; j'en vide la moitié, que je laisse à Freddy (et surtout pas mal de médocs pour sa mère médecin). Qu’est-ce qu’on se charge de trucs inutiles, c’est affolant ! Anna retrouve par ailleurs sa carte d'entrée sur le territoire péruvien, à cause de laquelle elle avait du payer et ainsi failli frapper le garde-frontière bolivien! Je l’entends encore dire « mais je suis sûre que je l’ai pas eue, je m’en souviendrais, c’est important ! je vais pas payer pour un truc qu’on m’a pas donné ! »
Comme août est le mois de la Pachamama, on doit laisser les parents faire leur offrande pendant qu'on se prépare de quoi dîner (cela dit, j’ai quand même l’impression d’avoir entendu la télé après un court laps de temps !). On mange du radis noir (l’ajipa, au goût de petits pois crus), et on sort les doudounes par-dessus toutes les pelures possibles qu'on a sorties du sac pour les mettre sur nous, tellement on a froid sans chauffage à 4 000 mètres d’altitude. On se couche tôt pour partir tôt demain avec le bus en route pour le Chili. Freddy est triste, moi ça me fait du bien de passer à autre chose (pas pour la ville, ça je veux y retourner !).



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