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Nom du blog :
peru06
Description du blog :
Histoire et images d'un périple latino-américain vécu de l'intérieur
Catégorie :
Blog Voyage
Date de création :
01.04.2007
Dernière mise à jour :
11.08.2008
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9 juillet arrivée en avion

9 juillet arrivée en avion

Posté le 02.04.2007 par peru06
Départ le matin, je croise une amie étudiante à l'IEP; Émilie, qui fait son job d'été à Roissy. Cet aéroport est une ville, il est 6h du matin, et on se croise quand même!
À la file d'enregistrement et aussi au café, on me dit "S'il vous plaît monsieur-euh…". Bon, j'admets, vêtements larges et cheveux courts, ça aide pas. Si ça rassure pas mon père, ça… Même si bon, je dis que je m'en fous, mais ça me vexe un tout petit peu. Quand même. Un petit peu.
Dans le premier avion (Paris-Amsterdam), un conférencier (avec une correspondance en Norvège) discute de la vue magnifique, d'avion, sur ce partage des terres hollandaises, l'urbanisation… il compare la vue avec celle de son survol de la Sibérie, quand il dut aller au Japon. Même si son parfum est une horreur assez monumentale, il est marrant. Il me fait penser à un vieil ami d'enfance, Étienne. Enfin, désolée pour lui mais au terme d'une longue lutte contre la force d'inertie de mes paupières, je n'ai pas pu m'empêcher de m'endormir pendant qu'il me parlait. Il avait qu'à se taire, aussi. Quand on arrive à Amsterdam, on se fait quand même un signe d'au revoir.
L'aéroport et toutes ses structures de contrôle et de complication me font peur. Un gros policier m'appelle un moment pour une fouille, mais ces complications douanières ne sont en fait que pour les passagers vers New-York, qui attendent dans la même salle que nous. Je prends peur en voyant mes voisins, qui ont perdu leur passeport! Enfin une merde qui ne m'arrive pas. J'attends avec un nœud dans le ventre le prochain problème qui pourrait m'arriver avant le départ. Une fois dans le long courrier d'Amsterdam pour Lima, je me sens soulagée. Ca y est, je pense être vraiment partie cette fois!
La compagnie KLM est vraiment luxueuse. Je me sens déjà pouilleuse là-dedans. Enfin, je profite, je fais mes réserves de graisse!
Ma voisine se signe à chaque décollage, parle beaucoup et avec un accent difficile… Sa famille habite dans l'endroit où je vais faire mon stage. C'est pas que ce soit inintéressant mais elle ne comprend pas que je veux dormir! Je ferme les yeux, murmure de vagues grommellements en guise de réponse, mais non, elle continue. Bon bah hein, je m'endors et qu'elle continue à parler seule, ça doit pas lui changer beaucoup les choses.
Durant l'escale technique à Bonaire, une île néerlandaise à côté du Vénézuela, tout le monde se pose dans le petit aéroport perdu… afin de hurler devant la finale de la coupe du monde!! Les quelques boutiquiers sont excédés, les gens se soulèvent de leurs sièges à chaque action avec un souffle d'angoisse, serrant leurs petits poings, prêts à bondir dans tous les sens… ! Plus tard dans l'avion, c'est le drame. On nous annonce le score, puis le résultat de la partie… Le commandant est désolé pour les français à bord, qui ont perdu 1-0 contre l'Italie! Même les hôtesses nous proposent un verre pour nous consoler! Ma voisine espagnole profite de cette bonté pour rafler une deuxième bouteille de vin qu'elle met dans son sac.
Des films passent, mais je n'ai pas la tête à ça. Et puis, pour changer, je suis fatiguée. Ben oui, ça fait plus de 17h d'avion quand même.
Quand je me réveille, la lueur rouge du soleil couchant se projette sur les Andes. Je me crois dans un documentaire sur le début de la planète Terre. Puis on traverse un épais champ de nuages au-dessus de l'Atlantique, qui enferme Lima dans une nuit embrumée. Ca fait tout triste, moi qui rêvait de climat tropical.
Nouveau stress lors des papiers à remplir pour la douane. Pourvu qu'ils ne me renvoient pas en Europe! Pitié non!
À l'aéroport, alors que je me rends compte avec une mauvaise surprise que mon sac a été fouillé par les services de sécurité de Paris et d'Amsterdam (mais qu'est-ce qu'il a mon sac?), un garde arrive... Et merde, j'en ai marre des frontières et des flics et des papiers, il n'a pas l'air commode en plus. Avec son air d'emmerdeur officiel et tout-puissant, il me demande un papier pour le bagage et de quelle nationalité je suis. Je réponds, alors il me pointe du doigt et s'exclame; "Ah! Que pena! Quel dommage! Vous n'étiez pas loin! Mais qu'est-ce qu'il lui est arrivé à Zidane?". Et il m'explique avec emphase comment s'est déroulée la finale de la coupe du monde de football, le coup de tête de Zidane, la séance de pénalty…! Puis il me souhaite un bon séjour avec un clin d'œil de dragueur, en me tutoyant et en disant "Cia-ciao". Bienvenue en Amérique du Sud!
Je reste dans l'aéroport dont les alentours sont dangereux à cause des faux taxis qui kidnappent et dévalisent les gens. Alors qu'Oscar, mon logeur d'hospitalityclub, est en retard et que mon portable ne marche pas, un taxi sympa l'appelle pour moi avec son portable et me laisse. Quand il arrive, on va prendre un taxi plus loin (des gens nous accostent et nous collent aux basques pour qu'on monte dans leur voiture…). Une fois dedans (pas de ceinture, ressorts bruyants, banquette miteuse… !), c'est la jungle! Klaxons continuels et sans raison apparente, doublements sauvages, piétons de part et d'autre… Et au milieu de ça, je découvre avec émerveillement l'architecture différente, le dénuement, une ambiance magique et enfantine (sauf les grands immeubles et les banques!). Je ne cesse de répéter "es mi sueno desde tanto tiempo! Desde nina he sonado con eso!"
À la maison d'Oscar (qui me paye le taxi), il y a sa tante (en effet, il retrouve sa famille tous les dimanches, joue au foot avec ses oncles et cousins) et une de ses amies. La tante part, nous préparons avec soin et buvons un pisco sour (vin pisco avec des citrons pressés, de la glace pilée, de l'alcool de cannelle et des blancs d'œuf). On discute, j'essaie d'apprendre d'autres mots… Le contact est très agréable! Oscar me propose un riz au curry, mais après les 5 repas de l'avion, mon estomac n'est pas d'attaque. Je me contente de goûter une glace au lucum ma foi assez bonne.
Puis on se ballade dans les parcs avec Oscar, à travers les rondes des policiers qui tournent autour des banques. Par galanterie et sécurité, l'homme doit apparemment se mettre systématiquement à côté de la femme de façon à être exposé au reste du trottoir et à la route. Elle doit raser les murs et être protégée par l'homme d'un éventuel agresseur! Je sens une certaine ambiguïté… Mais je suis épuisée et ne donne pas suite. Je m'affale sur mon lit et m'endors malgré les bruits de voiture, le froid et la lumière des réverbères venant d'une fenêtre dont la vitre ne pouvait servir qu'à empêcher un oiseau de rentrer.



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