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Nom du blog :
peru06
Description du blog :
Histoire et images d'un périple latino-américain vécu de l'intérieur
Catégorie :
Blog Voyage
Date de création :
01.04.2007
Dernière mise à jour :
11.08.2008
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27 août, colonnes à la Klint

Posté le 12.08.2007 par peru06
Voilà des colonnes à peu près normales, si ce n'est leurs couleurs. Et puis quand on sort du cloître, le volume de l'arcade est en fait coupé aux trois quarts, en gros c'est asymétrique; surprenant de beauté.
En haut des colonnes s'étalent des fresques saintes et sombres. Pour moi, ça jure avec le lieu. Ces constructions, cette audace dépasse les dogmes même si elle se base dessus pour développer autre chose. Mais il n'y a nul besoin de recopier de cet art classiciste et rigide, même si j'admets qu'on puisse y trouver de la beauté.



--

27 août, four à pain des soeurs boulangères

Posté le 12.08.2007 par peru06
Le four se situe à côté de chacune de ces chambres austères (enfin, moins austère pour les chefs quand même, faut pas déconner non plus, on est tous égaux mais les chefs encore plus).
Ca respecte ce voeu d'autarcie et d'isolement, mais surtout ça me rappelle encore le bonnet de schtroumpf ou le toit de leur maison. Ou si cette référence ne fait pas partie de vos cordes (et c'est tout à votre honneur!), pensez aux hobbits de Tolkien!

27 août, Santa Catalina, une ville dans la ville

Posté le 12.08.2007 par peru06
Défilant entre les cloîtres et les colonnes tranquilles, les murs colorés et les pavés de travers, on a vraiment l'impression d'un village de schtroumpfs en plus spirituel et sans bonnet blanc. À l'époque, il y avait bien un Gargamel; l'espèce d'Inquisiteur qui a fait de ce lieu une prison dorée (les accès aux toits par de petits escaliers ont été condamnés, car ils menaient tout droit aux grossesses indésirées des bonnes soeurs!).
Enfin, aujourd'hui, ça garde toute sa splendeur d'autarcie utopique.

27 août, monastère Santa Catalina et peintures

Posté le 12.08.2007 par peru06
Mes rêves sont mêlés de fièvre, je sais pas trop ce que j'ai.
Au matin, je vais avec Katel laver mes fringues et celles d'Anna, encore plus malade que moi! Les culottes pendouillent partout dans la chambre, c'est charmant. Katel a des réparties qui me font hurler de rire et ça fait du bien! Mais je me rends compte qu'elle n'était pas toujours comme ça au village et a donc pu agacer Anna ou surtout Rachel par moments. Enfin, c'est le lot des voyages.
Dans l'enceinte étrange de l'hôtel, une bonne sœur se balade avec son perroquet tout droit sorti de la préhistoire et des mini-offrandes trônent dans les armoires à côté des assiettes. Moins bucolique, ces pouffiasses de serveuses mettent une demi-heure à mettre un sachet de thé dans de l'eau chaude!

Puis on va se balader en ville. Quand on rentre dans une librairie, on trouve des "Mein Kampf" sur le dessus des piles! On les planque en-dessous et on achète des légendes mystiques typiques du coin.
Puis on va chercher du shampooing au supermarché, lieu des riches où l'on sélectionne les produits des paysans… Enfin, on fait pas couleur locale dans ce supermarché ni dans la banque guindée; on est tellement des loques avec nos fringues pendantes et dégueulasses, nos cernes et nos sacs qu'on a l'air de camper partout où on va! Particulièrement quand on nous fait attendre, ce qui ne manque pas, on est quand même au Pérou. Ici, la vie est vraiment au présent; ni passé ni futur, on profite ou on attend sans se rendre compte du temps qui passe.

Rachael et moi allons au monastère Santa Catalina; petite ville dans la ville, cité de schtroumpfs utopique en version "spirituel". Enfin, utopique c'est beaucoup dire, je ne parlais que de l'architecture mais pas de l'inquisiteur raté qui a transformé ce couvent laxiste pour jeunes filles de bonne famille en prison à grenouilles de bénitier. Il a même condamné les petits escaliers qui menaient aux toits, car cet accès était manifestement à l'origine de grosses indésirées!! Mais ce village tout en rondeurs douces et colorées apaise sans qu'on y fasse attention, ça imprègne. Splendide et robuste, volumes cassés et sol pas droit, immuable et silencieux… C'est Alice au pays des merveilles, on a l'impression de sentir (pas au sens propre, car les fleurs puent!) vivre quelqu'un quand on touche les murs. Rachael partage cette impression.
Dans le parloir, la lumière translucide fait penser à un rayon de soleil entre les barreaux d'une prison. Des peintures mystiques ornent les murs sans qu'on les comprenne toutes, perdues dans ce dédale de l'esprit.
On marche dans le cloître des novices avec ses piliers bleus vifs et ses arcades envoûtantes, puis on déambule en silence dans le cloître des orangers, rayonnant de sa couleur orangée et de l'arbrisseau en son centre…
À côté de chaque chambre veillent des petits fours en triangle arrondi pour faire cuire le pain. Des trous de lumière adoucissent les intérieurs sobres, infirmeries, cuisines ou bains.
On se promène parmi les puits intérieurs et les fontaines gracieuses en attendant la lumière du soleil couchant sur les toits rondelets. On passe vite fait devant une salle à touristes pleine de dorures jurant avec la sobriété du lieu. Et on part à regret, on aurait pu y passer quelques heures de plus tellement c'était beau et désert.

Puis on rentre en passant par une petite boutique de peinture. Au milieu des toiles pour touristes (que je trouve jolies, cela dit), on remarque des toiles plus abstraites qu'on aime beaucoup. Devant notre intérêt, le tenant de la boutique parle avec nous et finit par nous montrer son atelier privé! C'est en fait un peintre reconnu ("Roca" de son petit nom d'artiste) dont les toiles, peintes à l'huile, sont renversantes; il y a dedans de la musique, des problèmes sociaux, de la danse et du mouvement, des visages et expressions, couleurs et lueurs… C'est magnifique, même si il ne se prend pas pour de la merde et ne nous offre qu'un catalogue pour deux. Et puis c'est très cher, malgré son prix d'ami de 200 dollars pour quelques centimètres carré de toile! J'achète un truc simple à touristes mais qui a la "patte" du type, et ça me suffit. Rachael m'avance en attendant que j'ai des sous, et je lui laisse donc la toile dont on est tombées amoureuses tout de suite. L'autre est bien aussi.

Puis on rejoint les filles; Anna téléphone à Hugo, son amoureux et Katel nous attend. Mes chaussures commencent à se décoller, on est crevées et Katel dit "ah bah oui, à 9h une verveine un supo et au lit!".
Le tout devenant hystérique quand les éléments coagulent, on chante "lilalilala", puis Katel va chercher à bouffer et ramène pain et fromage, mais aussi des knacki au poulet dégueulasses qui nous donnent encore plus envie de vomir! On jette lamentablement la dernière knacki sur la terrasse, pour voir si ça plaira au petit roquet de chien ("chichito" qu'on l'appelle, en hommage au chien de leur village). On fait une bataille d'eau. On fait aussi la queue pour aller boucher les chiottes!
Katel veut prendre des photos du désastre de notre chambre, et Anna dit "c'est moi que tu prends en photo?-Non, t'es trop moche!" OK, bonne nuit!

26 août, arrivée à Arequipa et dormage

Posté le 12.08.2007 par peru06
On est ravies d'arriver… à 4h30 du matin. On pose nos sacs pour attendre dans le Terminal car un taxi à cette heure serait soit trop dangereux soit trop cher. À 5h, Cam se décide alors à accompagner les espagnols à Puno et Cusco. Quand ils partent, ça me fait tout drôle, je me sens seule tout d'un coup avec tous mes souvenirs du mois précédent! Les filles sont sympas mais parlent de leur expérience… Enfin, on se met bien vite à délirer sur les amourettes dans les cactus de Katel ("fesses très douces", "que des bombes sexuelles"!) et Anna! Sauf qu'Anna l'a raconté à sa mère, qui ne l'a pas prise au sérieux et lui a dit que de toute façon, elle était là dans 10 jours! De quoi bien l'énerver et lui mettre le doute quant à son retour! Elle nous raconte aussi qu'elle était malade au début et qu'on l'a exorcisée avec des fumées et des draps et des fantômes…
On a mal au ventre et on est fatiguées. Puis on s'extirpe à grand-peine de ce fatras de bus pour aller à l'hôtel où Katel a déposé ses billets d'avion comme garantie de paiement un mois avant. Mais on ne fait rien de la journée pour autant, si ce n'est consulter nos mails (je prends l'adresse de logeurs potentiels d'hospitalityclub). Katel découvre d'ailleurs une très bonne surprise par internet… Notre ONG adorée lui a pris 220 euros de trop! Ce qui fait qu'il va encore falloir batailler pour avoir des sous. Anna et moi aussi, d'ailleurs. Ma banque ne veut pas que je retire des sous, donc si je ne veux pas finir à la rue sans retour (parce que la taxe d'aéroport est quand même de 45 dollars!), il faudra que j'aille à Western union. Mais là, la flemme. Grosse flemme. On reste dans notre chambre à 4, et on est vraiment allumées! On couvre d'un T-shirt la photo horrible d'un lapin, on dort, on rigole pour un rien et on fait la queue aux chiottes? Beau programme, n'est-il pas?

25 août, dernière photo souvenir

Posté le 11.08.2007 par peru06
Dans le genre arroseur arrosé, c'est vrai que c'est rigolo; les gamins (dont un inconnu) cherchent à voir l'écran comme sur nos numériques, mais cet appareil doit dater de dizaines d'années. Donc sauf si il y a une vitre, ils ne risquent pas de trouver autre chose que le plastique noir...

25 août, attente sur la place

Posté le 11.08.2007 par peru06
Pas de commentaire ronflant, j'aimais juste la position de ces écoliers sur la fontaine... et faut dire qu'en attendant le bus, j'avais que ça à foutre de prendre des photos.

25 août, raaah du sucre!!

Posté le 11.08.2007 par peru06
On a été dans le même état que cette gamine en se jetant sur nos glaces. Sauf que nous, la bouche ouverte englobait tout le cône!
Plus de trois semaines sans saloperie sucrée, ça creuse...

25 août, retrouvailles et départ du Cotahuasi

Posté le 11.08.2007 par peru06
Je rêve de mon patelin breton, encore. Mais pas longtemps, car le jour et les klaxons nous réveillent plus tôt que prévu! Je passe en dernier pour la première douche depuis un mois, et… je n'ai que de l'eau froide. Youkii!
Pour le petit déj, un tout ptit minou vient nous voir et on manque de marcher dessus! Même tenu dans une main il est riquiqui, et son miaulement fait penser à une mouche. Marrant qu'il y ait pas mal de chats, dans le coin, je pensais pas. Dans la salle, on a aussi droit aux informations nationales de première importance, encore mieux que TF1. À la une, on nous repasse l'enquête et tous les détails dans la terrible affaire d'un bébé qui s'est fait mordre. On voit l'interview de sa mère, une paysanne aussi causante que le chien incriminé, et le bébé va sortir de l'hôpital. En second, on voit le "parlement". Ah, un peu plus de sérieux? Non, on nous raconte le canular d'un parlementaire qui aurait fait croire à la mort d'un vieil et ancien ministre…! Aussi nul dans le fond que dans la forme! Il n'empêche que ces informations télévisées font rêver les sevrés de télé tels que Mauro. Luz voudrait ainsi déménager à Cotahuasi pour l'électricité, la TV, l'eau chaude et courante, du matériel… On va justement chercher ce qu'on n'avait pas à Charcana, à savoir des illias à vendre et de la musique typique criolla (comme la cassette audio de "porque te vas", de Rosa Luz!). Et puis on va dans le cybercafé du village, c'est à dire un unique ordinateur coincé entre deux murs branlants d'une petite boutique. J'ai des mails d'une amie allemande et de mon père, et ça me fait plaisir de leur répondre longuement car je suis sûre de mon bonheur, je n'ai plus peur de dépendre d'eux.
Don Valerio, notre chauffeur, nous dit au revoir quand on retrouve Marcela un peu hystérique, semblant super contente alors qu'on a du se voir une demi-heure en tout et pour tout dans notre vie. Bon. Elle nous dit qu'on peut demander un emploi à AEDES (dont on reconnaît les membres à leurs fringues bordeaux, ils ont du fric à perdre).

Les filles de l'autre village devaient arriver à 12h. Or, à 15h30 elles ne sont toujours pas là, et le bus pour Arequipa part à 16h. Je veux bien que ce soit la ponctualité péruvienne, mais bon!
En allant vers la place, on voit un type qui se promène avec une tête de vache dans son sac à main!
Mauro et un enfant de Charcana qu'on reconnaît, jouent avec nous, on se poursuit derrière le bus et entre les voitures. Ca retarde le mélo des adieux. Parce qu'à l'arrivée du bus vers 16h30, les séparations sont inévitables; Luz me dit de faire particulièrement attention parce que je suis une "aventurera". On pleure un peu.
Puis arrivent les filles. Katel est aussi délurée qu'il y a trois semaines! (elle a couché avec le président du comité touristique, marié et père de 3 enfants… à sa décharge, c'était un mariage arrangé et bancal mais bon). Anna un peu absente car elle est avec son amoureux du village. Toutes deux veulent retourner au village aussitôt après avoir réglé quelques affaires à Arequipa, tandis que Cam et moi avions prévu notre trajet de 10 jours avec elles. Cam est à côté de moi dans le car, et elle éclate en sanglots. Elle n'avait pas besoin de ça, toutes ses prévisions sont à remettre en cause et ça demande plus d'énergie qu'elle ne voudrait en dépenser. Elle veut pouvoir se confier en français (donc ne pas y aller qu'avec les espagnols) et voir le Macchu Picchu (mais je l'ai déjà vu). Je la rassure, on se dit qu'on peut passer par les îles du lac Titicaca que je n'ai pas vues, voire aller dans le nord…
Elle réfléchit pendant toute la nuit, moi, ça ne me dérange pas tant que ça. À vrai dire, ça me surprend sans me déranger trop; je voulais faire l'expérience de voyager seule mais pas trop longtemps, juste pour voir. Ensuite j'essaie de distraire Cam et on parle des clips et de la musique à chier sauf le criollo, sensuel et entraînant.
Mais ces gentilles discussions sont malmenées par mon ventre dont les spasmes sont aussi brusques et sautillants que le bus. Quand on s'arrête prendre des frites, je me sens d'autant plus mal et je ne peux rien avaler. En plus, j'ai eu très peur d'y oublier mon carnet, mes jambes en tremblent encore!
Après une heure de bus, libération ambiguë; je me retiens deux secondes en demandant un sac puis je vomis allègrement sur mon siège tout mon déjeuner (des lentilles à l'œuf). C'est mieux pour le ventre mais pas pour le nez; je me couche encore dans le couloir de bus crasseux pour ne pas m'asseoir sur mes lentilles, et je prête une écharpe à Cam pour se boucher le nez! Nuitée sympathique et tout confort!

24 août, la plus grande chute au monde

Posté le 11.08.2007 par peru06
Et oui, me parlez pas de Niagara ou quoi que ce soit, c'est pour les ringards. Ici, c'est le canyon du Cotahuasi, dont on a prouvé récemment que c'était le plus grand du monde. Donc les chutes de flotte suivent le précipice, c'est par là msieu-dames.
Et encore, le débit est au moins trois fois plus important en saison des pluies, et surtout on ne voit pas les deux tiers de la chute; le reste est en dénivelé, caché sous les roches noires d'où s'échappent les grondements de l'eau tourmentée, furieuse, crachant ses écumes flottantes...
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