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Nom du blog :
peru06
Description du blog :
Histoire et images d'un périple latino-américain vécu de l'intérieur
Catégorie :
Blog Voyage
Date de création :
01.04.2007
Dernière mise à jour :
23.08.2007
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31 août, église jésuite de Pisco

Posté le 13.08.2007 par peru06
Ca ne se voit pas, mais elle n'est pas très en forme, la jésuite!! Toits défoncés dans lesquels se nichent des piafs, portes vermoulues, squat... Pourtant, je lui trouve bien plus de charme que l'église sur la place, gros mastoc de dogme brut. En plus, malgré la couleur jaune, je l'avais pas remarquée tout de suite, cachée qu'elle était derrière le marché...



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31 août, traversée merdique d'Ica puis Pisco

Posté le 13.08.2007 par peru06
Dès 7h30 du matin, j'ai un bus pour Ica. On traverse le désert empreint de brumes grises, roses et jaunes. Parfois, on croise des cimetières et des croix le long des routes, ou bien des amas de cailloux, des arbres insolites et de vagues silhouettes. Bizarre, j'aimerais savoir ce que ça signifie.
J'ai la chanson "Head, shoulders knees and toes" dans la tête. J'aimerais donner des cours d'anglais comme ceux que je viens de donner, avec un réel échange et apprentissage.

J'arrive à Ica, mais je m'y sens mal. À peine sortie du bus, des gens m'alpaguent moi et les autres pour proposer un taxi, un hôtel… Je les envoie bouler en disant que je vais me débrouiller, mais en essayant de trouver une enseigne où déposer mon sac je repasse au moins trois fois devant eux sans trouver mon chemin!! Alors là, tous les regards fiers du monde ne pourraient pas vous empêcher d'être totalement ridicule. Surtout que le regard est plutôt stressé à force de ne pas trouver. L'un des rabatteurs finit par venir me voir en souriant, il fait mine de se protéger comme si j'allais le frapper et il me dit que l'enseigne est juste à ma gauche et le centre touristique à ma droite, puis il repart. O… OK. Merci.
Une fois mon sac déposé, je vais un peu plus loin m'acheter un joli pain qui se révèle immonde et je marche le long d'une avenue pourrie pour voir un centre qui n'est pas beau.
Le jugement sera vite fait, je n'ai même pas envie d'aller à l'oasis Huacachina, ça m'a l'air bien trop touristique. Surtout pour quelqu'un de seul, c'est quand même moins rigolo. Après environ une demi-heure de visite sommaire, je reprends donc un bus pour Pisco.

Il y a un film d'horreur de merde dans le bus. Mais la vue n'est pas beaucoup mieux; sur la route pourrissent des montagnes de déchets rouillés, comme des cadavres épars, et des usines incongrues.
Quand j'arrive à Pisco, même scénario qu'Ica; à peine descendue du bus, les taxis me sautent dessus et je les envoie bouler comme jamais avant! Je m'en vais vite fait vers la place centrale (près de la quelle il y a un marché avec les poulets écorchés en plein air!) pour téléphoner à des contacts d'hospitality club… dont les numéros ne sont pas reconnus! Super!
Je me pose sur un banc, j'en ai marre, je suis crevée, j'ai soif et je sais plus où aller. Je veux pas faire d'efforts. Alors un type arrive et me dit doucement qu'il y a là-bas, un peu à l'écart, un petit hôtel sympa et pas cher. Mais il rajoute aussitôt que si non, c'est pas grave hein, c'est pas forcé! En fait on discute un peu et c'est un prof d'histoire très sympa qui est aussi guide professionnel et rabatteur occasionnel pour arrondir ses fins de mois. Quand il sait ce que j'ai eu pour mission dans mon ONG (valoriser le patrimoine touristique), il veut me faire connaître le site encore inconnu des "chongos" et puis quand même demain la réserve, plus touristique. Il m'amène donc à son hôtel (là j'ai plus la force, je me laisse porter).
En voyant ma fatigue, le patron me propose thé ou café à volonté, une chambre double avec salle de bain et télé pour seulement 2, 50 euros! Il a l'air sincèrement adorable, un peu comme un père.
Après une bonne sieste et un documentaire télé sur un scandale politico-financier (des chefs militaires auraient volé plus d'un million de dollars), je vais me ressourcer en déjeunant dans une gargotte de locaux conseillée par mon ami guide. J'y mange ce qu'il y a de plus nourrissant et de moins cher en même temps, un riz cubain; platée de riz avec une énorme banane frite, un œuf et même une mouche en bonus!! Bouarf!
J'achète ensuite le journal la Respublica; on y parle d'empoisonnement dans une entreprise de ciment, de l'éducation sexuelle, d'un catho contre la peine de mort (enfin!), de l'illégalité des casinos péruviens à 97%, des médecins de Juliaca ne soignant pas les bébés abandonnés, de massacres au Guatemala, et … l'expropriation des terrains de golf au Venezuela pour en faire des logements sociaux! J'adore!

À 17h, je me pose sur la place principale. Le coucher de soleil offre une belle lumière sur la municipalidad bleue et blanche, plus belle que l'Église (il se fait pas chier le maire!) Je retrouve la quiétude des pauses à la Anna. Enfin, même si c'est beau, il faut bien dire que ça pue la pisse et que les piafs font un sacré barouf!
Comme sur tant de plazas de armas, les gens et les enfants se retrouvent à la fin de la journée. Je remarque qu'il y a beaucoup plus de noirs que dans les terres. Un concert qui joue faux passe. On me regarde. Deux types se penchent sur mon épaule pendant que je dessine la municipalidad, la vendeuse de chocolats passe et repasse pour regarder le dessin, elle est très gentille. Des gamins s'installent autour de moi et se parlent; "tu reconnais?". Et quand j'ai fini, ils me sourient et me disent ciao, comme si on était potes! Je devrais pas dessiner, ça prend trop de place sur mon carnet… Enfin, je m'intègre mieux (et c'est plus agréable) en étant seule. Je tourne sur la place pour trouver un bon angle de vue et dessiner l'Église. Puis quand je dessine la place, les gamins grimpent sur le banc derrière moi, courent vers la statue du libérateur Jose de San Martin (qui a pourtant l'air très hispanique) pour que je les dessine; "a mi me ha dibujado, mira mira!". Il sourient et puis partent avec leurs mères. Mais de toute façon, j'ose moins dessiner les personnes depuis Charcana, où je connaissais mes "sujets".

Quand la nuit tombe, je retourne au petit resto pour bouffer (avec une ristourne de la patronne) une soupe au piment pas terrible et surtout d'un gâteau chimique des plus détestables, à vomir… J'aurais vraiment bouffé que des trucs dégueulasses aujourd'hui! Et le pire c'est que j'ai rien laissé par réflexe!
Puis je vais sur internet, où je découvre qu'une copine est virée de mon lieu d'étude… Quand je repense à ces partiels, ça me fait penser aussi que je suis contente d'avoir pu apporter quelque chose à Anna (après lecture de son mot). Je n'en étais pas sûre, j'avais plus l'impression de l'inverse. Sa solidité et son côté complémentaire étaient tellement forts…
Je retourne dans ma petite chambre dont je découvre une des raisons de son prix; la cloison n'est pas fermée en haut et j'entends tout; bruit de voiture, molards, gens, cris, portes… Buenas noches!

30 août, à prévoir dans les bagages

Posté le 12.08.2007 par peru06
Allez je le montre quand même, mon beau petit guide (enfin, "petit", plus grand d'une dizaine de centimètres et plus âgé de 5 ans!). Tout près du lieu du service après-vente, dans les aqueducs incas. Des tunnels souterrains mènent d'aqueducs en aqueducs, et ceux à découvert servent de piscine, de baignoire, de machine à laver et de lave-vaisselle aux locaux. Pas tout au même endroit, je vous rassure. Enfin, rien ne dit qu'en se baignant, des gamins ne se retrouvent pas avec des restes de friture d'oignon dans les cheveux ou le maillot! Finalement, c'est bien l'eau de javel, hein?

30 août, ruines en construction

Posté le 12.08.2007 par peru06
Alors l'avantage pour les filles d'avoir pour petit ami un jeune et joli guide ex-taxi, c'est qu'il vous promène personnellement et gratuitement dans des lieux encore vides et inconnus de touristes, agrémentant la visite de toutes les connaissances historiques que vous voulez! et plus encore en service après-vente! Conseillé!
Donc ici, des ruines en fouille et restauration pour étudier encore son histoire fantastique. En effet, il y avait quelque chose avant que les incas n'y implantent une forteresse militaire et religieuse (le palais se trouve au fond, au bout d'une immense allée recouverte de sable, de débris de vase et d'os de camélidés).
Sous le cimetière inca se trouve un cimetière Nazca; les nouveaux occupants ont ainsi voulu se protéger des esprits des morts. On pourrait ainsi en savoir encore plus sur les habitudes et les constructions Nazca. Le puits, les fours, ... Passionnant.

30 août, tombe Nazca

Posté le 12.08.2007 par peru06
Une des nombreuses tombes; certaines sont constituées d'une pierre ronde, d'autre d'un véritable dessin de cailloux, et il y a encore des rassemblements de dizaines de pierres non taillées. Chaque fois, ils sont enterrés avec ce qu'il faut pour la suite des aventures. Un slip, une brosse à dent, et vers l'infini et au delà!

30 août, tombes et aqueducs

Posté le 12.08.2007 par peru06
Au réveil, j'entends derrière ma porte le bruit de molards et de talkie-walkies. Flics ou vieux portables? Le premier est plus excitant, mais ce doit être le deuxième…
Puis je me lève pour aller vadrouiller dans le marchés et les rues tristes. J'y achète une bouteille de kiwifresh (mon nouveau sponsor) et deux parts de gâteau (l'un bon, l'autre dégueulasse).

Puis je consulte mon guide, qui me dit "Musée Antonini". Alors je marche, je marche dans une longue avenue poussiéreuse et déserte, où je me sens aussi incongrue qu'un pingouin au Sahara.
Quand j'arrive devant un petit écriteau en face d'une décharge, je suppose que c'est là. Effectivement l'intérieur est propret et on peut y visiter plusieurs types de tombes et cercles d'offrande avec des pierres. Je refuse de payer un guide et l'autorisation de prendre des photos. C'est en cachette que je photographie et écoute le guide d'un autre groupe de riches péruviens.
Ce que j'en comprends surtout, c'est la puissance des cultures péruviennes autres qu'inca. Leur adaptation aux phénomènes d'inondation d'El Nino, par exemple, ou leur réutilisation des cimetières pour accorder les dieux. J'apprends aussi qu'une momie célèbre de Chaman a été volé par la femme de Toledo, le président péruvien de l'époque!
Dehors, je regarde les reproductions de tombes et d'aqueducs semés entre les arbres irréels et les… roues de bicyclette du voisin!
Alors que je reviens vers l'intérieur, le tenant du musée m'attend à la porte. Je crains qu'il n'ait découvert mon manège photographique et je grince des dents à cette idée. Mais en fait il me demande quel âge j'ai, pourquoi je suis seule, ce que j'ai fait, où ai-je aussi bien appris l'espagnol…! Et puis un jeune et beau guide de 24 ans arrive aussi. Le mec d'avant est appelé par des touristes et il sort. Le jeune guide, qui s'appelle Reynaldo, me dit qu'il voudrait approfondir le français pour son travail. Et tout seul avec un Assimil, il essaye mais c'est dur.
On sympathise et il veut absolument me faire profiter de ses connaissances de guide, me disant que c'est trop dommage de voir tout ça sans comprendre. Quand je lui dis que c'est l'aspect groupe touristique qui me rebute, il m'emmène seule avec son copain taxi pour voir les "lignes", pseudo-répétition d'un Nazca miniature. Une fois montés sur une colline, on a vue sur un désert caillouteux et séché par les vents, avec au milieu des sillons creusés, comme fait par des écoliers. Enfin, il paraît que c'est très vieux, que ça servait de rituel et que ça représente les agujas (tisseuses).

Voyant que la culture m'intéresse mais que j'en voudrais plus, il m'emmène plus loin voir des ruines encore en fouille, sans touristes et absent des guides je crois. Les temples taradones où ont régné il y a très longtemps les incachincas,mais ils ont déserté cette grande cité du pouvoir de manière brusque et incomprise. C'est sur cette cité-fantôme que les incas auraient rebâti un centre administratif et militaire, superposant les cimetières pour se protéger dans morts anciens.
On marche sur une grande route de sable où reparaissent des bouts d'os de camélidés, d'hommes. Cette route mène aux ruines encore quasi ensevelies du palais destiné au Curaca, le représentant inca. Il y a des restes de plante huarango brûlé puis plongé dans l'eau, de sorte à faire une matière imperméable. Aux périphéries il y a encore quelques pans de mur pour les réserves de bouffe des employés, qui avaient de simples maisons encore plus bas. Avant, il y avait aussi des fenêtres et des céramiques plus haut, mais tout a été vendu à des collections privées (les musées prennent ce que les collectionneurs ne veulent pas). D'après Reynaldo, les Incas seraient plus intelligents car pour diffuser leur puissance, ils ont su utiliser autre chose que le conflit; ils ont construit les routes et amenés les intellectuels reconnus de chaque tribu à Cusco.

Et puis je repense aux aqueducs en spirale avec ces canaux d'eau fraîche qui les relient souterrainement, et où on peut donc se baigner. Je demande donc au guide d'y aller. Il s'étonne. Je lui dis alors que c'est pas grave mais il réinsiste pour qu'on y aille après qu'on ait pris nos maillots. En fait, contrairement à ce que je pensais, c'est un endroit désert, on traverse un fleuve asséché semé de cailloux gris. Quelques personnes s'y lavent, eux ou leurs vêtements, au fur et à mesure du courant. On prend un endroit isolé, l'eau y est bonne et claire, le soleil se couche.
Dans ce cadre romantique à souhait vient l'inévitable, que je n'avais pas vraiment prévu, mais bon. Il est mignon et il connaît pas mal de choses; je me laisse aller. Au bout d'un moment, on essaie de retourner à mon hôtel, c'est plus confortable! Mais le type de l'hôtel refuse et mon petit guide réussit aisément à en trouver un autre pour l'occasion, coincé dans une ruelle sombre. Enfin, "aisément", il doit quand même certifier au vieux patron que je suis de Lima et non une touriste, qu'il n'y a pas d'embrouille, que je suis d'accord…Bon, on est tranquilles pour quelques temps dans cette chambre spartiate où le lit prend presque toute la surface du sol. On discute, on fait l'amour. Et il en connaît, des choses! Jusqu'à ce que le vieux type tambourine à notre porte pour qu'on s'en aille.
Je ne veux plus, je rentre chez moi et m'endors direct. On s'est dit au revoir en faisant semblant de ne pas se dire adieu, car j'avais dit que je partais demain en bus. Il me passe sa carte mais je sais que je ne le reverrais plus. Sans regret.

29 aout, petit cloître sympa d'une église anonyme

Posté le 12.08.2007 par peru06
Voilà le genre de promenades dans la ville; des cloîtres déserts et tranquilles,de vieilles pierres et des bâtiments coloniaux. Avec des peintures de péruviens, ils font pas ça en Espagne!

29 aout, rafting à l'eau, églises et bus

Posté le 12.08.2007 par peru06
Je pars à 7h de chez Valeria, et je me perds dans les lumières douces de l'aube qui baignent la vieille ville d'Arequipa, en fait tellement plus authentique que le centre touristique et occidental. Le long des rives du fleuve, mon regard glisse le long des murs et des ponts en arcades, des pavés et des maisons en pierres anciennes. C'est trop beau, je ne soupçonnais même pas ça! Le guide disait qu'en dehors du centre, c'était trop dangereux. Les flics qui vadrouillent me disent bonjour. Je prends mon petit déjeuner dans un petit resto où je plains tous ces pauvres gus en costume traditionnel pour attirer les touristes. Au moins ils ont un joli cadre de travail!
Le rendez-vous pour le rafting est à 8h. Vue la ponctualité péruvienne, je vais en avoir pour un bout de temps. Mais la douce lumière baignant la cathédrale m'aide largement à attendre. Une fois seule (sans les filles ni Valeria), j'ai plus envie d'écrire. Maintenant ce sont moins des notes qu'un journal. Mais cette note bucolique n'est que le chant du cygne car, pour mon plus grand malheur, un flic super relou vient me coller. Quand je lui pose des question sur son boulot pour lui montrer que sa personnalité je m'en fous, il répond que le majeur problème, ce ne sont pas les délinquants ou les voleurs mais les travailleurs qui demandent plus de salaire! Il est vraiment trop con. Il veut absolument un numéro pour m'inviter à danser alors que je déteste les boîtes et il est moche, niais, idiot, branleur… Et le pire, c'est que je dis non trop gentiment parce qu'il reste à mes côtés tout le temps! Même quand je m'éloigne de la place, il surgit de n'importe quel coin pour me demander si le groupe de rafting n'est toujours pas arrivé, et alors il veut m'inviter à boire un verre... Au secours! Je ne peux que dessiner pour essayer de le faire taire, et encore!

J'attends depuis 3h à me faire chier seule ou avec l'autre con pour que la responsable du rafting arrive (le groupe devait partir à 8h, elle devait arriver à 9h; il est 10h30 et elle compte partir déjeuner vers 11h30… Aaargh!) Elle me dit tout en mâchant son chewing-gum que le groupe est parti dès 8h, et elle continue à mentir en me disant qu'il est passé par là, alors que le tenant de la boutique à souvenir qui héberge son agence de merde lui confirme que je suis là depuis 7h30, il était là pour nettoyer et ouvrir le magasin! Mais elle fait semblant de ne rien admettre et dit qu'elle n'a pas l'argent pour me rembourser. De plus, il n'y a pas de groupe cet aprèm ni demain.
C'est quand même 25 dollars et même par principe, je veux récupérer tout ça avant de me barrer! C'est pourtant pas ma nature que d'utiliser la violence autrement que pour plaisanter. Enfin, je ne lui casse quand même pas la gueule (même si l'envie ne m'en manque pas), mais je joue l'intimidation. Posant mes deux mains sur la table d'un coup, j'approche la tête et la regarde dans les yeux pour qu'elle arrête de faire semblant de s'occuper d'autres papiers. Je dis que j'ai besoin d'être remboursée tout de suite car je pars dans pas longtemps. Alors elle grommelle, fouille dans sa caisse et en tire un billet, dans sa poche et elle sort des pièces. Elle demande à une vendeuse de la boutique ce qui lui manque, et elle me flanque le tout dans la main. Et elle a le culot de me dire au revoir! Je ne réponds rien et pars rageusement.
J'essaie une autre agence pour voir si il y a quelque chose cet aprèm. J'attends encore une heure, pour changer, mais il y a trop peu de touristes.

J'achète de la bouffe et vais prendre des papiers à la fac de droit pour Anna. Puis je me ballade dans des quartiers très jolis, typiques, où on ne me regarde pas comme une touriste. Une commerçante à qui j'achète de l'eau et des sucreries me demande même où je suis étudiante! Que agradable, même si je sais très bien que j'ai pas une tête de péruvienne!
Puis je vais voir les Églises de la Merced, de la Compania, et une expo a la casa municipal (il y a une peinture de Roca, celui dont on avait visité l'atelier à Arequipa!).
Puis je vais au musée santuario andinos consacré à Juanita, enfant des glaces sacrifiée car elle était belle, grande et saine. Elle a marché avec ses sacrificateurs pendant deux jours en altitude, nourrie de coca, de maïs et de chicha. Puis elle a été enveloppée dans une illia, on lui a appliqué un gros coup mortel sur le crâne et elle a été enterrée avec ses sandales et des céramiques, en position de fœtus pour sa naissance dans un autre monde. Ca peut servir.
Mais ces visites me conduisent dangereusement vers la place centrale… et inévitablement, le cauchemar réapparaît; le flic relou, au secours!

Je prends donc le taxi (sympa) pour aller attendre Valeria près de chez elle, mais elle n'est pas là. Ca ne me dérange pas, j'ai un peu envie d'être seule, de ne pas avoir à faire d'efforts. Il y a des parcs sympas et je m'y ballade comme à Paris, au milieu des écoliers qui vadrouillent avec une glace. J'achète un empanada écoeurant, et pour compenser je prends un kiwifresh, nectar de kiwicha aussi frais que délicieux et nutritif.
Puis Valeria arrive, je reprends mes affaires et lui dit au revoir avant de reprendre un taxi pour le terminal terrestre. Y a sûrement d'autres trucs à faire, mais j'ai envie de voir autre chose. Même si c'est superficiel, autant varier.

Au Terminal résonnent des molards sonores et des hurlements pour vendre du pain et des billets. J ne vois aucun touriste, c'est bizarre. Puis je prends un bus à 19h pour Nazca, les 35 soles du billet comprenant les10h de route et un dîner (tfaçon j'ai tellement mal au bide que je suis incapable de bouffer), alors qu'à côté c'est deux fois plus cher! Et puis l'épisode du flic collant se répète sous d'autres formes; je crois que je dois m'y faire, étant seule, nombre de mecs vont me faire chier! Celui à qui je paye mon billet n'arrête pas, à chaque fois qu'il me voit, de dire "que linda! Que linda, esta aqui!". En même temps, ça me permet de négocier une ristourne…! Même le vigile me drague, putain. Ca doit les exciter quand c'est seul et vulnérable.
Le prix se justifie par l'état des sièges et leur emplacement, puisqu'on cherche à sculpter mon dos sur le mode Pompéi à force de coups de genoux et de pieds dans le dos.
Je dors un peu puis il y a un vieux film rigolo des années 60 sur les profs qui veulent tellement éduquer les élèves qu'ils les tuent!

Et puis la surprise, c'est qu'on arrive une heure plus tôt que prévu. Je comptais sur l'inverse mais ça m'arrange pas. On me réveille énergiquement puis me jette presque littéralement du bus à 4h du matin, seule avec mon gros sac à 4h du matin dans une rue pas très bien famée. Gloups! Un bourré ou drogué s'écarte de son groupe de potes peu fréquentables, il veut m'accompagner 100 mètres pour un dollar. Un autre s'approche et veut m'emmener dans sa voiture rouge et miteuse, qui ne semble pourtant pas être un taxi, conduite par un gros moustachu douteux. Brr! Je dois répéter mon refus pour qu'ils éloignent leurs mains et je remonte l'avenue dare-dare. Le pire, c'est que ce trottoir est étroit et bordé par les stands couverts du marché. J'ai une frousse terrible que de des mains me chopent par derrière les bâches ou les branches!
Finalement, j'arrive devant un petit hôtel, devant lequel chante un groupe d'allumés. Ca va, ils n'ont pas l'air méchants. Ils m'ont même conseillé la sonnette une fois que je me suis usé les poings à tambouriner la porte! Le tenant de l'établissement, encore dans le pâté, me donne une petite chambre juste pour moi, ça fait du bien.
Attention toute péruvienne; il y a une lampe mais pas de prise électrique!

28 août, seule au monde

Posté le 12.08.2007 par peru06
Je viens de lire un mail de mes parents, et ils n'ont pas l'air en forme! Même ma mère me dit que je lui manque, alors qu'elle ne me l'a pas dit en Allemagne après 6 mois d'absence! J'ai envie de les remotiver, maintenant que j'ai eu la chance de partir et me refaire une santé morale. Un peu présomptueux et surtout concrètement difficile. Mais bon.

Sur la terrasse, le mystère est roi; la saucisse au poulet en plastique dégueulasse a disparu. Qui l'a mangée? Chichito ou les pouffiasses? J'opterais pour ces dernières qui doivent avoir aimé ça, car elles nous offrent un mate et oublient de nous faire payer quelques heures d'internet (même si ça prend 3h vu qu'elles prennent une calculette faire 3+24)!! En fait on doit tellement avoir l'air piquées qu'elles ne veulent pas nous provoquer…
Autre soulagement et pas des moindres, le transfert d'argent avec Wester Union a marché… Et avec tous ces sous-sous tout neufs, je me livre à des achats compulsifs de souvenirs et cadeaux en tout genre, du pull en lama jusqu'à l'assiette ent erre cuite! Ben oui, on n'en est pas moins touriste malgré les prétentions... Puis je mets les photos de mon numérique sur CD (2 euros la pellicule…), car il paraît qu'il ne faut pas plus de 5 pellicules en bagage à main, et en soute elles s'abîment.
Max, un relou du village des filles (Antabamba), vient coller Anna. On l'insulte et il reste là avec son air con! On l'abandonne lâchement à son sort, ils vont visiter le monastère tous les deux, comme c'est romantique!
On se ballade au gré des routes où ne circule aucune voiture privée; que des "ticos", ces petits taxis jaunes, et des combis ou des bus.

Puis Anna et moi allons en taxi (où le chauffeur essaie direct de parler politique!), afin de voir la fac de droit, où elle voudrait étudier l'année prochaine pour être proche de son chéri! Mais elle est fermée, et je lui promets d'y aller demain.
On retourne à l'hôtel avant qu'Anna et Katel ne repartent pour leur village. Alors que Rachael et Katel sont dans la chambre, Anna et moi nous balançons doucement dans la nacelle, et on parle vraiment pour la première fois depuis qu'on s'est revues. Elle s'en veut de me laisser, me redemande si ça ira et me dit de faire attention. Elle me laisse un petit mot dans mon carnet qu'elle me demande de lire plus tard. La grande et forte Anna verse même quelques larmes! Je me sens toujours décalée au niveau des sentiments; je pleure quand personne n'en a envie, et je me force quand tout le monde pleure!
Après des étreintes, elles s'en vont et j'appelle ma logeuse d'hospitalityclub de ce soir –Valeria- puis je vais l'attendre sur la plaza de armas. J'en profite pour prendre une place de rafting dans une petite boutique à souvenirs pour demain matin.
Avec mon gros sac et ma tête mal lavée, plusieurs me regardent comme si j'arrivais de Neptune! La vendeuse d'une boisson étrange passe et repasse inlassablement avec son seau en plastique. Surtout, il y a beaucoup de policiers (les vols sont réputés dans la ville); militaires au béret rouge, matraque , T-shirt blanc et uniforme bleu-noir. Puis je rencontre un gros relou qui est au début très gentil (on parle politique, du narcotrafic) mais qui me saoulera jusqu'à 6 mois après en m'envoyant des tonnes de mail avec déclarations d'amour et, accrochez-vous, des photos de fleurs… !

Puis ma logeuse arrive et m'amène chez elle. Elle me parle de l'université, celle privée mieux que celle publique. Dans le domaine politique toujours, elle me dit que d'après elle, le sud est indépendant économiquement car encore influencé par le Chili. Elle me parle aussi de son prof de tae-kwen-do nord-coréen, qui aurait été tué par les services secrets péruviens à cause de désaccords politiques!! Sympatique, même quand on est riches ça bouge ici! En effet, Fujimori aurait été responsable de multiples assassinats et de corruption politique, mais il s'est couvert avec la capture des chefs du sentier lumineux et du narcotrafic, faisant ainsi une surenchère télévisuelle où des policiers brûlent de la farine en faisant croire à de la coke! Elle parle aussi d'Ollanta, qui ne représenterait pas les pauvres en tant que militaire; à son époque, cela nécessitait beaucoup d'argent et une bonne famille, et il est donc tout sauf concerné.

On va à l'université de 17h à 22h pour ses cours d'ingénierie civile (c'est apparemment utile à Lima à cause des séismes). L'enseignement privé se distingue en effet par des visages bien plus européens, un terrain de sport, un passe et un vigile à l'entrée, des barbelés et des beaux bâtiments. La classe commence avec une femme en costard qui parle de "traction axiale". Je réalise alors à quel point j'ai eu de la chance en n'ayant jamais eu l'idée de ne jamais chercher à savoir ce qu'était une traction axiale!
En plus j'ai mal au ventre et j'ai soif. Pour passer le temps, je dessine le volcan "el misti" par la fenêtre, puis les élèves; l'un aux rouflaquettes et MP3 sur les oreilles, d'autres assoupis. Mes voisins de derrière me grillent, mais la plupart n'en a rien à foutre et de ma présence et de mes dessins. Au moins, je suis plus tranquille mais c'est décevant niveau contact humain (je sais c'est un peu schizophrène!). Enfin. Lorsque sonne le portable d'un élève, ce dernier sort pour répondre, comme ça! J'imagine pas ça en temps normal… Les gens partent et arrivent pendant le cours, les horaires sont apparemment variables. Il y a un gros type genre 1° de classe insupportable avec ses tics nerveux, claquements de langue et froncements de sourcils.Valeria m'explique que c'est parce que depuis l'année dernière, les anciens groupes sont dispachés et il n'y a plus de lien. Elle me dit aussi (tout ça pendant le cours…) qu'il n'y a que deux professeurs-femmes, que le machisme est encore prégnant.
On finit par se barrer à 19h20 chez des amis de Valeria, qui ne sont pas à l'université et sont donc moins riches. C'est un petit quartier pouilleux où on trouve leur minuscule baraque au fond d'une ruelle. Mais les fameux amis sont tous trois devant une console, et son propriétaire ne veut laisser personne y toucher si ce n'est sa copine. Même Valeria se voit refuser la mannette, et elle n'a pas l'air très intégrée. Mes quelques questions pour entamer la conversation n'aboutissent pas. Je suis crevée et j'ai la dalle. Je sors un peu dehors, histoire de leur foutre la paix mais en montrant que je suis peut-être une cruche mais capable de bouger, et puis aussi pour prendre l'air (4 par mètre carré, c'est beaucoup). Et puis je vais me coucher dans le salon de 5 mètres carrés, la mère me surprend et fait la remarque à ceux à l'intérieur. Je ne suis pas fière mais soulagée. Valéria me remmène chez elle, où on regarde une série policière péruvienne, "Dragones destinos de fuego". Ils ont l'air très occidentaux, mais Valeria dit que c'est parce qu'ils viennent de Lima. En voyant mon regard sceptique, elle défend son steak en disant que c'est une série typique du Pérou, très créative. Je remarque qu'il y a d'ailleurs plein de pubs pour combler cette superbe créativité.
J'ai beaucoup de mal à retenir mon estomac (ben oui, il est sur les talons haha) car Valeria veut attendre son frère pour ce dîner un peu zarb mais je boufferais n'importe quoi; caramel de lait et nesquik, pain et fromage, thé. Le frère, une fois là, nous demande pourquoi on n'a pas encore mangé (!), et il se montre très curieux, très sympa aussi. Il ne veut pas que je reparte dès demain, veut plus me connaître. Je ne sais pas pourquoi, je soupçonne un plan de drague... Enfin, ils sont gentils et je sens que ma présence brise un peu leur routine, ça compense l'éventuel coût financier vu qu'ils ont l'air justes.
Je dors sur deux oreillers dans la salle à manger que j'ai à peine le temps de voir avant de m'écrouler comme un loir.

27 août, colonnes à la Klint

Posté le 12.08.2007 par peru06
Voilà des colonnes à peu près normales, si ce n'est leurs couleurs. Et puis quand on sort du cloître, le volume de l'arcade est en fait coupé aux trois quarts, en gros c'est asymétrique; surprenant de beauté.
En haut des colonnes s'étalent des fresques saintes et sombres. Pour moi, ça jure avec le lieu. Ces constructions, cette audace dépasse les dogmes même si elle se base dessus pour développer autre chose. Mais il n'y a nul besoin de recopier de cet art classiciste et rigide, même si j'admets qu'on puisse y trouver de la beauté.
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